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Après la mise en place de la surveillance d’Hadopi concernant les réseaux de partage P2P, beaucoup d’internautes se sont tournés vers le téléchargement direct, qui échappe à la riposte graduée. Afin de mieux cerner cette pratique, la Hadopi a conduit une mission sur trois plateformes spécialisées, en utilisant une méthodologie fort inhabituelle.

Au final, on se rend compte que l’étude menée est assez superficielle et très peu représentative des internautes français. Explications.

Dans le cadre de sa mission d’observation, la Hadopi a confié au DREV (Département Recherche, Études et Veille) le soin d’analyser un échantillon de fichiers présents sur les plateformes de téléchargement direct. Seulement voila, seul trois sites de DDL ont été sélectionnés :

  • 1Fichier (français)
  • RapidGator (américain)
  • SpeedyShare (russe)

Les autres services ont tous été écartés de l’étude, dans la mesure où la méthodologie d’échantillonnage développée pour ce travail n’était pas utilisable sur tous les sites web. Regrettable, car certains d’entre eux sont au moins aussi populaires que les plateformes retenues par le DREV.

Dès lors, le panorama du téléchargement direct que cherche à obtenir le DREV risque d’être réduit en l’absence de BayFiles, CloudZer, Turbobit, Uploaded ou encore UpToBox (très prisé des français). Qu’importe, les auteurs de l’étude indiquent que les trois services en question ont attiré « 2,9 millions d’internautes français (soit 6 % des internautes français) » en juillet 2013. Ce qui est assez pour être pertinent, selon eux.

De plus, d’autres services internationaux existent et sont bel et bien utilisés chaque jour par des milliers de téléchargeurs : LetitBit, FastSonic, PutLocker, FileSwap, MovReel, VideoSlasher, MovShare, DivxStage, UploadC, VidHog, NowVideo, etc…

Répartition générale des fichiers sur les trois plateformes de téléchargement direct, selon leur nature

Répartition générale des fichiers sur les trois plateformes de téléchargement direct, selon leur nature

Pour élaborer ses statistiques, la Hadopi a appliqué une méthode très particulière que ne renieraient pas des hackers. Pour dégager un échantillon de 1200 fichiers par plateforme (ce qui est très peu !), elle a testé aléatoirement des liens sans savoir à l’avance s’ils étaient valides. Si le l’URL était valide, la Hadopi pouvait ensuite observer son contenu

Par exemple, pour 1Fichier, l’identifiant de chaque fichier est composé de 6 caractères alphanumériques, ce qui représente plus de 2,1 milliards de possibilités testables. Mais contactée, l’Hadopi n’a pas su dire combien de combinaisons ont effectivement été testées pour trouver les 1200 fichiers.

Selon le DREV, cette méthode évite deux écueils : d’abord, elle permet de prendre en compte les liens circulant dans le Deep Wev (ou Web Profond) et pas uniquement ceux visibles dans le web indexé. En outre, son caractère aléatoire évite une sélection de liens qui seraient plus populaires dans une classe d’internautes que dans une autre. Mais cette décision limite les perspectives d’analyse. En outre, il n’est pas possible d’en déduire les usages spécifiques aux internautes français, puisque certains liens dénichés peuvent concerner d’autres populations.

Qualification et quantification des logiciels sur 1Fichier

Qualification et quantification des logiciels sur 1Fichier

Les métadonnées des fichiers ont été étudiées en accord avec la CNIL et les fichiers non liés à la culture ont été écartés dans « autres ».

qualification et Quantification des documents sur SpeedyShare

qualification et Quantification des documents sur SpeedyShare

Dans son étude, le DREV se garde de qualifier la nature des contenus entrant dans son champ d’analyse mais constate « une forte proportion de contenus issus des industries culturelles« . La question de la légalité ou de l’illégalité de ces fichiers n’est pas soulevée…

Des statistiques brutes ont aussi été livrées :

  • Parmi les contenus vidéo de 1fichier.com (62 %) on trouve 24 % d’épisodes de séries complets et 7% de films complets. À cela s’ajoute 4% de parties d’épisodes de séries et 22 % de parties de films.
  • Parmi les 21 % de contenus audio présents sur RapidGator, 75 % sont des albums complets.
  • Parmi les 12 % de logiciels présents sur SpeedyShare, 21 % sont des jeux vidéo.

Et la répartition est comme suit :

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Le DREV constate par ailleurs que les plateformes de téléchargement direct n’ont pas toutes les mêmes finalités d’usage. Si chacune héberge de tout, il y a quand même une certaine spécialisation qui s’est opérée avec le temps. Et ce sont les usagers eux-mêmes qui en sont à l’origine, en choisissant plutôt de téléverser tel fichier dans tel service, plutôt que d’opter pour un concurrent.

« Les vidéos sont au contraires largement prédominantes sur RapidGator et 1fichier. […] Sur RapidGator par exemple, les vidéos pornographiques représentent près la moitié des contenus vidéos. Elles sont beaucoup moins représentées sur SpeedyShare. Les jeux vidéos sont beaucoup plus présents parmi les logiciels hébergés sur 1fichier que parmi ceux identifiés sur RapidGator« , souligne le DREV.

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Dans sa conclusion, le DREV constate que « l’espace disque occupé par un fichier est lié à la fois à la bande passante nécessaire à son téléchargement, le cas échéant aux quotas fixés aux utilisateurs par les plateformes, et aux coûts de son hébergement C’est un élément déterminant de l’économie des plateformes de téléchargement« .

Bien entendu, cette étude est réalisée dans le but d’appuyer les prochaines actions telles que la mise en place d’une taxe à a commercialisation mais aussi du filtrage liberticide envisagé par Filippetti. A voir comment tout cela va se concrétiser en 2014.

 

Article original : Numerama

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  • DDL 1FICHIER

Vos réactions
  1. MoRoSKiT

    EDIT, je viens de me rendre compte que pour le nombre réduit de fichiers analyser, il vas de soit qu’ils ont était télécharger, la question que je me pose donc maintenant c’est de savoir ce que vas devenir le premium Rapidgator?

  2. MoRoSKiT

    Sans être un génie je crois que l’on peut à peu près deviner pourquoi ils ont fait ça. D’abord bon moi je ne suis pas vraiment d’accord sur le fait qu’il faille absolument tester beaucoup d’hébergeurs pour en desceller le contenue, les hébergeurs choisis sont utiliser principalement pour le Warez, et pas plus que les autres, ce qui dans ce cas aurais en effet crée la discorde. Deuxième chose avant de dire pourquoi ils ont fait ça, c’est que l’on peut dire également qu’une grosse partie des fichiers n’est pas directement nommer en rapport avec son contenue, enfin de manière générale dans le Warez c’est souvent comme ça, et pour ces hébergeurs je pense que c’est valable, donc encore aurais t’il fallu les télécharger pour s’en assurer la contenance si cela s’avère exacte, ou alors ils les ont effacer ceux là sans les compter bon bref…

    donc bon Pourquoi?

    1/ faire jaser ( rappelons que l’HADOPI c’est du pipi, excuser moi de l’expression mais 3 millions de mails envoyer pour une semi condamnation! ) jase-ment ce qui attirera l’attention des admins Warez d’une manière où d’une autre, donc essayer de détecter du mouvement a ce niveaux là.

    2/faire des causes de vouloir crée une nouvelle loi qui obligera les entreprises française de donner des IPs etc… Ensuite toujours essayer de détecter des mouvements.

    3/Faire tomber un Hébergeur français de préférence, suivie immédiatement des admins de quelques blogs Warez minables en faisant croire que c’est une chaîne, et que le prochain mayon de cette chaîne c’est le téléchargeur, ce qui sera biensure un mensonge comme d’habitude. Il ne sera pas dit très clairement que les prochains seront les téléchargeurs mas tout laissera à le penser.

    Voilà, en fait c’est très simple on à un internet que l’on ne peut pas contrôler à ce niveaux là, et c’est qu’avec la peur et la spéculation d’une manière ou d’une autre que les autorités veulent faire réduire les téléchargements illégaux.





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