Assèchement financier des sites pirates : Vers un effet contraire ?

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Le Ministère de la Culture et Hadopi ont adopté une technique visant les sites pirates en asséchant leurs revenus publicitaires. Pourquoi cela risque t-il d’avoir un effet contraire sur le P2P en boostant ce dernier ?

Par le biais de la récente Charte des bonnes pratiques imposant aux publicitaires l’interdiction de collaborer avec des sites étiquetés (et jugés) comme étant “pirates”, le ministère de la Culture a frappé un grand coup en mettant en application un projet de longue date, déjà proposé à travers les rapports Hadopi il y a longtemps.

Une stratégie globale concernant les finances

La stratégie adoptée se décompose en deux parties. La première consiste à priver les sites illégaux diffusant des contrefaçons pirates d’œuvres sous copyright de leurs ressources financières, dans l’espoir de mettre fin au piratage, qui s’est toujours développé par la demande et non par l’offre. La seule difficulté la dedans, ce sont bien entendu les réseaux publicitaires étrangers et hors juridiction, peut regardant de cet accord, auxquels les administrateurs de sites pirates pourront toujours souscrire sans encombres des contrats publicitaires rémunérateurs…

Ensuite, après la publicité interdite, la seconde étape consistera à priver ces même sites dédiés au piratage du droit de collecter de l’argent auprès de leurs utilisateurs, que ce soit sous forme de dons ou de services paiements (téléchargements prioritaires à haute vitesse, “achat de ratio”, etc.).  D’ores-et-déjà, beaucoup de comptes PayPal servant à recueillir ce type de “don” ont été bloqués ainsi que les fonds entreposés dessus. Mais la aussi, la chose va s’avérer très complexe voir impossible pour la bonne raison que les monnaies virtuelles existent et qu’il est actuellement mission impossible de contrôler les transferts via ce moyen de paiement virtuel, qui rappelons-le, ne dispose d’aucune autorité.

Cette initiative, qui s’inscrit dans une démarche plus globale à l’encontre des sites de streaming, de téléchargement direct ou de référencement tirant des profits de la mise en ligne d’œuvres sans rémunérer les créateurs en conséquence, devrait permettre d’assécher les modes de financements des sites spécialisés dans la contrefaçon d’œuvres sur internet“, assure le ministère.

Fleur Pellerin assure que l’État engage “tous les moyens possibles envers ces activités illégales, avec le concours de tous les ministères impliqués dans la lutte contre la contrefaçon et les circuits financiers occultes“.

Les conséquences sur le P2P en France

Tout cela risque pourtant de faire évoluer le P2P, ou plutôt de le ramener à son état initial et à ses valeurs qui était les siennes autrefois : le partage désintéressé. En effet, cette loi pourrait causer un accroissement drastique des visiteurs sur des systèmes P2P alternatifs, purement gratuits et désintéressés comme par exemple le fameux Popcorn Time, permettant un streaming décentralisé en P2P, simple d’accès pour les utilisateurs non avertis.

Dans un même temps, le développement des systèmes de paiement virtuels décentralisés et anonymes sans aucun moyen de contrôle s’en retrouverait accéléré du fait du besoin réel des grosses plateformes de Warez / Direct Download et streaming pour un moyen de collecte alternatif et sûr.

Ce projet de l’État semblerait donc pouvoir mener vers une sorte “d’assainissement” du monde du piratage en ligne, lui faisant retrouver l’état d’esprit d’il y a une quinzaines d’années, sans monétisation à outrance.

3 Commentaires

  1. Sans paypal, ça se complique déjà considérablement. Quant à la publicité, de plus en plus d’utilisateurs en ayant assez de contenus intrusifs, qui, non seulement dérangent la navigation, mais en plus, envahissent les machines de contenu malveillants ; ont recours aux extensions de blocage. Pour ce qui est des monnaies virtuelles.. on a vu qu’elles débouchaient sur pas mal d’escroqueries, et que pour se les procurer, il faut tout de même mettre la main à la poche. Sans parler des commissions appliquées par les banques dès que l’on achète quelque chose sur un service situé en dehors de la zone Euro. C’est déjà le cas du système de don d’un des trackers les plus fréquentés. Donc oui, c’est bien par l’argent, beaucoup plus facilement que par des blocages de noms de domaines que les choses vont se faire. Le choix donné aux administrateurs, de continuer malgré tout, ou de fermer les sites parce qu’ils ne rapportent plus assez. Nous verrons alors à quel genre de gentils partisans du libre partage nous avons affaire.

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