Le P2P reste très populaire en Europe, surtout BitTorrent

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Et s’il y avait entre l’Europe et les États-Unis une fracture dans les usages d’internet ? Alors qu’en Amérique du Nord les internautes se contentent de plus en plus de télécharger et de regarder en direct les contenus, en Europe l’envoi des données par le P2P fait de la résistance.

Est-ce la lutte contre le piratage ou le développement de l’offre légale qui apporte les meilleurs résultats pour la rémunération des ayants droit ? La société Sandvine, qui analyse le trafic réseau, penche nettement pour la seconde solution dans son dernier rapport d’analyse des “phénomènes internet mondiaux”.

Sandvine note en effet qu’aux Etats-Unis et au Canada, le trafic de BitTorrent a largement chuté ces dernières années, et ne représente plus que 14,2 % du trafic aux heures de pointe sur l’internet fixe, contre 24,4 % pour Netflix. En ne regardant que le trafic descendant, le service de VOD compte même pour un tiers de la bande passante nord-américaine. Progressivement, le P2P disparaît des tuyaux aux Etats-Unis.

Mais en Europe, “nous voyons de plus hauts niveaux de partage de fichiers en P2P que dans beaucoup d’autres régions, au moins partiellement à cause des difficultés de licences géographiques qui restreignent la disponibilité de (l’offre légale)“, analyse Sandvine. Faute d’offre satisfaisante qui puisse concurrencer le piratage, BitTorrent et eDonkey (eMule) font toujours partie des cinq applications les plus consommatrices de bande passante aux heures de pointe, avec 29,7 % du trafic. La baisse du P2P constatée à la fin de la première décennie ne se confirme plus.

Lorsque l’on analyse le trafic montant, BitTorrent (31,69 %) et eDonkey (18,23 %) génèrent à eux deux la moitié des données envoyées sur le réseau au moment des pics de bande passante. Ainsi en Europe, les internautes ne sont pas simplement consommateurs de contenus ; ils participent activement à leur diffusion. Ce que les ayants droit ne veulent pas accepter, mais qu’ils sont incapables d’enrayer faute d’offrir eux-mêmes une diffusion attractive de leurs contenus.

Par ailleurs, le rapport Sandvine montre une tendance forte de changement de paradigme technologique en Asie, qui précède souvent les tendances mondiales. Si le P2P traditionnel y reste aussi très fort, le streaming en P2P, ou “peercasting”, y connaît une croissante fulgurante. Le service chinois PPStream qui permet de transmettre et de regarder des émissions en streaming en relayant le signal d’un internaute à un autre compte pour 6,36 % du trafic global en Asie-Pacifique, en quatrième position derrière BitTorrent (27,19 %), YouTube (14,94 %) et la navigation sur le web (10,44 %).

 

Source : Numerama

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