Le FBI lance une enquête suite aux DDoS réalisés par les Anonymous

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Cela devait arriver. Le FBI a lancé une enquête sur une protestation en ligne qui aurait donné lieu à des attaques DDoS sur de nombreux sites Web appartenant à des groupes anti-piratage et de divertissement, ainsi que le US Copyright Office.

Au cours des deux derniers mois, un groupe se faisant appeler “Anonymous”, lié avec 4chan, a lancéd es attaques distribuées par déni de service (DDoS) contre des sites Web exploités par la Motion Picture Association of America, la Recording Industry Association (RIAA), le magazine Hustler, le rocker Gene Simmons, le British Phonographic Industry, et d’autres groupes similaires en France, en Australie, en Espagne et ailleurs de part le monde.

Une attaque DDoS a pour but de submerger un site Web avec un trafic hors-normes jusqu’à ce que ce dernier soit inaccessible.

Les actions menées par certains membres de la communauté Anonymous auraient causé plus de 537 heures d’interruption, en date du 12 octobre 2010. Les sites attaqués n’étaient pas seulement américains, mais également anglais, espagnols ou encore français. D’autres sites web en Europe ont été visés, ainsi qu’un site web en Inde. Mais l’utilité réelle de ces attaques fait débat.

En effet, si les vitrines numériques des ayants droit et des organisations en charge de la défense de la propriété intellectuelle ont été indisponibles pendant un temps, cela ne les a jamais empêché d’avoir accès aux membres du Congrès américain pour inciter les élus à aller dans un sens plutôt que dans un autre. Par certains aspects, certains ont même estimé que les attaques DDOS étaient contre-productives.

Alors que l’une des attaques les plus récentes du groupe 4chan est survenue la semaine dernière contre l’US Copyright Office, le FBI a commencé à se poser des questions. Depuis l’attaque du Copyright Office, les agents du FBI ont commencé à travailler en étroite collaboration avec de nombreuses organisations ayant été attaquées.








Selon plusieurs messages de ceux qui prétendent parler au nom des Anonymous, le groupe a dit qu’il est motivé par la protection de la libre circulation de l’information et que le droit d’auteur est une forme de censure. Les titulaires de droits font valoir que ces groupes sont des combattants de la pseudo liberté qui tentent de justifier le vol.

Le montant des dégâts causés par ces attaques n’est pas connu.

Matthew Raymond, un porte-parole de la Bibliothèque du Congrès américain, qui supervise le Bureau du droit d’auteur, a déclaré dans un e-mail que l’attaque DDoS a “considérablement dégradé la capacité des utilisateurs à accéder à ce serveur”. Les représentants du FBI n’ont pas répondu aux demandes d’entrevue.

Participer à une attaque DDoS peut entrainer une peine d’emprisonnement et une forte amende.

Récemment, un étudiant américain a été condamné à 30 mois de prison et a des dommages et intérêts 50 200 dollars pour avoir lancé des attaques DDOS contre plusieurs sites web politiquement orientés. L’enquête menée par le FBI, si elle aboutit, pourrait potentiellement conduire à de nouvelles arrestations et à des sanctions similaires.

Ces récents cas de sabotage électronique ont donné du grain à moudre à la RIAA pour critiquer le silence l’Electronic Frontier Foundation. “Le silence est assourdissant. Où est l’indignation ? Apparemment, tous les droits de liberté d’expression du premier amendement [de la constitution américaine] ne sont pas égaux” a déclaré le porte-parole Jonathan Lamy.

Il est troublant de voir que ces organisations semblent plus préoccupés par les droits de ceux qui volent et copie des films, de la musique et des livres que les droits des travailleurs américains qui produisent ces contenus” a-t-il ajouté. Des propos qui ont conduit à une réaction inévitable de l’EFF, expliquant que l’organisation “ne commente généralement les attaques DDOS“.

L’EFF explique ne pas vouloir offrir une tribune supplémentaire aux auteurs de ces attaques, qu’elle n’encourage évidemment pas. Quant aux appels de l’industrie du divertissement réclamant une condamnation des attaques DDOS, l’EFF rétorque plutôt qu’il serait plus productif de parler de la source du problème, la propriété intellectuelle. Selon elle, les attaques DDOS sont une malheureuse conséquence de l’inadaptation des droits d’auteur à l’heure du numérique.

Affaire à suivre donc…

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