Clean IT : vers une base de données des contenus à bannir du web ?

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Un projet financé par l’Union Européenne vise à rassembler les acteurs d’Internet pour lutter plus efficacement contre “l’utilisation terroriste d’internet”, en supprimant tout contenu pouvant inciter à des activités terroristes.

L’une des mesures envisagées consisterait à mettre en place une base de données mutualisée des contenus que les hébergeurs devraient refuser des mettre en ligne, parce qu’ils ont déjà été supprimés par le passé.

En avril 2011, le ministre de la sécurité et de la justice des Pays-Bas, Ivo Opstelten, avait annoncé le lancement du “projet Clean IT“, financé par la Commission Européenne. En coordination avec l’Allemagne, l’Espagne, le Royaume-Uni, la Belgique et Europol, le projet Clean IT vise à négocier avec des acteurs privés (en particulier des FAI et des ONG) les “meilleures pratiques” pour signaler et supprimer au plus vite les contenus terroristes sur Internet. Alors que Nicolas Sarkozy voulait condamner les internautes qui visitent des sites terroristes, l’idée est ici d’empêcher leur consultation en agissant au plus vite pour les supprimer.

Si le nom des participants n’est pas communiqué, l’état des travaux est en revanche régulièrement publié. Le document de travail soumis à la conférence de Berlin a ainsi été mis en ligne (.pdf), qui permet de voir les mesures envisagées pour lutter contre “l’utilisation terroriste d’internet“.

Tout d’abord, “les fournisseurs de navigateurs, boîtes de discussion, services d’e-mail, systèmes de messagerie, réseaux sociaux, sites de commerce de détail, protocoles de VoIP et forums web devraient proposer des systèmes de boutons de signalement simples et accessibles pour l’utilisateur sur leurs plateformes“, suggère le document. Ainsi par exemple, les navigateurs Internet Explorer, Chrome, Safari, Firefox, et autres Opera pourraient intégrer un bouton de signalement pour inciter l’internaute à dénoncer  les contenus illicites qu’il rencontre dans sa navigation (une démarche qui radicaliserait celle mise en place en France par les FAI avec leur logiciel Point de Contact).

Par ailleurs, le brouillon demande des “procédures de notification et de retrait de contenus plus efficaces“, qui “résulteraient en davantage d’utilisations terroristes d’Internet auxquelles il sera mis un terme, plus rapidement et avec moins d’effort“.

 

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