Près d’un quart des personnes inscrites sur les applications de rencontre sont victimes de cyberharcèlement

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La dernière enquête de Kaspersky menée auprès de 21 000 répondants à l’international met au jour l’ampleur des violences numériques auxquelles les internautes sont confrontés. 

  • Un tiers (32 %) des personnes interrogées en France pensent qu’il est normal de googler ou de consulter les différents comptes de réseaux sociaux d’une personne avec laquelle on a commencé à sortir, et 40 % d’entre elles ont admis l’avoir fait lorsqu’elles ont commencé à sortir avec quelqu’un.

  • Près d’un quart des répondants (23 %) ont été victimes d’une forme de cyberharcèlement de la part d’une personne qu’ils commençaient à fréquenter. En France, la situation est un peu moins inquiétante (16 %). 

  • Plus de 90 % des personnes interrogées sont disposées à communiquer un mot de passe qui permettrait d’accéder à leur géolocalisation.

Tribune – L’étude, portant sur 21 pays, révèle que les internautes sont désireux de prendre des mesures pour se protéger dans leur quête de l’amour via les réseaux. Toutefois, même si près d’un quart des personnes interrogées (23 %) ont déclaré avoir été victimes d’une forme de harcèlement en ligne de la part d’une personne avec laquelle elles venaient d’effectuer leur premier rendez-vous, ces risques sont d’autant plus importants à l’occasion de la Saint-Valentin, en raison des dangers posés par les paramètres de localisation, la confidentialité des données et, plus généralement, un excès de partage d’informations personnelles. 

Les types d’abus sont variés : en France, 38 % en France des personnes interrogées ont effectivement signalé avoir subi une forme de violence ou d’abus de la part d’un partenaire actuel ou antérieur : 15 % des répondants ont reçu des mails ou des messages indésirables et, plus inquiétant encore, un Français sur 10 aurait été filmé ou photographié sans leur consentement. Toujours sans leur consentement, 9 % d’entre eux ont indiqué avoir été géolocalisés, 9 % que leurs réseaux sociaux ou leurs boîtes mails avaient été piratés et, 7 % qu’un logiciel de harcèlement avait été installé sur leurs appareils.

Parmi les personnes interrogées, les femmes sont proportionnellement plus nombreuses que les hommes à avoir subi une forme de violence ou d’abus (42 % contre 36 %). Les personnes actuellement actives sur les applications de rencontre sont plus nombreuses à subir des violences et des abus que celles qui sont engagées dans une relation à long terme (48 % contre 37 %). Ces réalités sont sources d’inquiétudes, 34 % des personnes interrogées ayant déclaré s’inquiéter de la perspective d’être cyberharcelées, à plus forte raison pour les femmes (36 % contre 31 % des hommes). 

Toutes les régions ne sont pas logées à la même enseigne, les victimes de ce genre de cyberharcèlement étant plus nombreuses dans les régions d’Amérique du Sud, d’Amérique centrale et d’Asie : 42 % des personnes interrogées en Inde ont déclaré avoir subi une forme de harcèlement en ligne, contre 38 % au Mexique et 36 % en Argentine. La situation est moins dramatique en Europe, où « seulement » 16 % des personnes interrogées ont répondu de même.

« Propulsé par l’IoT, le monde ultra-connecté dans lequel nous vivons nous offre une multitude d’opportunités. Mais ces dernières sont associées à autant de menaces, dont l’une, et pas des moindres, est la facilité avec laquelle nos données peuvent être tracées, ce qui nous rend vulnérables et en proie à toute sorte d’abus », commente David Emm, chercheur principal en sécurité chez Kaspersky. « Bien que les victimes de harcèlement ne soient jamais responsables des comportements horribles qu’elles subissent, il leur incombe malheureusement de prendre des mesures pour minimiser les risques. Je pense que c’est une bonne chose que les gens prennent des mesures pour vérifier l’identité des personnes avec qui ils échangent en ligne, mais il faut aussi se montrer vigilants quant aux informations, données, identifiants de connexion qu’ils partagent et qui pourraient être utilisées à des fins malveillantes ».

Pour naviguer sur les applications de rencontre en toute sécurité, Kaspersky vous propose les quelques conseils suivants. Pour plus de détails, veuillez consulter notre guide spécial rencontres en ligne, pour savoir entre autres, se protéger contre les stalkerwares :  https://stopstalkerware.org/resources/

  • Ne divulguez pas vos mots de passe et assurez-vous qu’ils sont complexes et uniques.

  • Si une rencontre vous semble trop belle pour être vraie, c’est sans doute le cas : en cas de doute, vérifiez ! 

  • Prenez le temps de vérifier les informations que vous partagez sur votre privée. 

  • Réfléchissez avant de transmettre des informations vous concernant.  Internet n’oublie rien et partager trop de détails trop vite peut vous rendre vulnérable.

  • Mettez au point un “plan de sécurité” lorsque vous prévoyez de rencontrer en vrai quelqu’un que vous ne connaissez qu’en ligne. 

  • Envisagez d’utiliser une solution complète de cybersécurité ou un VPN pour protéger vos appareils.

Kaspersky travaille avec des experts et des organisations luttant contre les violences domestiques, allant de services d’aide aux victimes aux programmes à destination des auteurs de violence, en passant par la recherche et les agences gouvernementales, afin de favoriser le partage de connaissances et de soutenir à la fois les professionnels et les victimes. Kaspersky est l’un des cofondateurs de la Coalition Against Stalkerware, un groupe international qui se consacre à la lutte contre le stalkerware et les violences domestiques. Depuis 2021, Kaspersky est un partenaire de consortium du projet européen DeStalk, cofinancé par le programme Droits, égalité et citoyenneté de l’Union européenne. Kaspersky a également lancé l’application TinyCheck, un outil gratuit, sûr et facile à utiliser pour vérifier que les appareils ne contiennent pas de stalkerware ou d’applications de surveillance. 

Méthodologie

Kaspersky a commandé son étude à l’institut Arlington Research, qui a mené 21 000 entretiens en ligne, à raison de 1 000 personnes dans chacun des pays suivants : Royaume-Uni, Allemagne, Espagne, Serbie, Portugal, Pays-Bas, Italie, France et Grèce, États-Unis, Brésil, Argentine, Chili, Pérou, Colombie et Mexique, Asie-Pacifique : Chine, Singapour, Russie, Inde et Malaisie. Les personnes interrogées étaient âgées de 16 ans et plus.  Elles ont toutes eu, ou ont eu une expérience directe du monde du dating : elles étaient soit engagés dans une relation à long terme (62 % de l’échantillon), sortaient avec quelqu’un (16 %) ou ne sortaient pas ou n’étaient pas engagés dans une relation, mais l’avaient été dans le passé (21 %). L’enquête s’est déroulée du 3 au 17 janvier 2024.