Prédictions cyber 2026 : Google Cloud / L’IA devient la norme, le Shadow AI la nouvelle menace

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Google Cloud publie aujourd’hui son rapport 2026 Cybersecurity Forecast, une analyse prospective fondée sur les données, qui anticipe les grandes tendances et menaces auxquelles les équipes de sécurité devront faire face en 2026, à partir du paysage cyber de 2025.

Tribune – Fruit de la collaboration d’experts en sécurité issus de plusieurs équipes de Google Cloud Security, le rapport met en avant trois domaines stratégiques: l’intelligence artificielle, la cybercriminalité et les activités des États-nations.

Selon ces experts, l’IA marquera le début d’une nouvelle ère pour la cybersécurité, transformant en profondeur le rapport de force entre attaquants et défenseurs et redessinant le paysage des menaces de 2026.

Principales tendances prévues pour 2026 :

  • Les cybercriminels adopteront pleinement l’IA : L’adoption de l’IA par les acteurs malveillants devrait devenir la norme, accélérant les opérations d’ingénierie sociale, d’influence et de développement de malwares et transformant ainsi en profondeur le paysage des menaces. D’ici 2026, les cybercriminels iront bien au-delà des simples campagnes de phishing textuel pour exploiter pleinement le potentiel de l’IA générative multimodale, (voix, texte et vidéos deepfake), et concevoir des usurpations d’identité de dirigeants, d’employés ou de partenaires de confiance crédibles, contextuelles et hautement personnalisées. Cette sophistication favorisera la montée en puissance du vishing (phishing vocal) et des campagnes de compromission de messageries professionnelles (BEC) à grande échelle, d’un réalisme saisissant.
  • La cybercriminalité restera une menace majeure pour l’économie mondiale : Le rançongiciel et l’extorsion par vol de données demeureront les formes de cybercriminalité les plus coûteuses à l’échelle mondiale, alimentées par des groupes spécialisés exploitant les prestataires tiers et les vulnérabilités de type zero-day pour mener des attaques massives et en cascade.
  • Le risque lié aux “agents fantômes” s’intensifie : Les employés qui déploieront des agents IA autonomes sans validation interne risquent de créer des circuits cachés et non maîtrisés de traitement des données sensibles, susceptibles d’entraîner des fuites de données et des problèmes de conformité. La multiplication d’outils d’IA non encadrés au sein des organisations fera émerger un enjeu majeur de sécurité, identifié comme la menace du « Shadow Agent ».
  • Les infrastructures de virtualisation sous pression : À mesure que les entreprises consolideront la sécurité de leurs systèmes internes, un nombre croissant d’attaquants concentreront leurs efforts sur l’infrastructure de virtualisation sous-jacente (hyperviseurs), devenue leur nouveau point d’entrée privilégié. Cette couche souvent négligée constitue un risque systémique majeur : une seule compromission peut offrir à un attaquant le contrôle total de l’environnement numérique, ouvrant la voie à un chiffrement massif ou à une perturbation généralisée des opérations.
  • Tendances liées aux acteurs étatiques :
    • Russie : Les opérations cyber menées par la Russie devraient connaître une évolution stratégique majeure, dépassant le cadre du soutien tactique à court terme dans le conflit en Ukraine pour se recentrer sur des objectifs géopolitiques et économiques mondiaux à long terme. Cette nouvelle approche passera par le renforcement de capacités cyber avancées, la collecte de renseignements au service des intérêts nationaux, ainsi que la prise de positions stratégiques au sein d’infrastructures critiques internationales.
    • Corée du Nord : L’écosystème cyber nord-coréen devrait poursuivre et intensifier ses opérations hautement lucratives ciblant les organisations et utilisateurs de cryptomonnaies, dans une logique claire de génération de revenus pour le régime. Leur niveau de sophistication technique continuera de croître, avec un recours accru à des tactiques d’ingénierie sociale avancées : faux processus de recrutement ou l’utilisation de deepfakes vidéo destinés à tromper des profils stratégiques à forte valeur ajoutée. Parallèlement, les travailleurs IT nord-coréens devraient étendre leur présence à l’international, notamment en Europe, afin de pérenniser ces sources de financement.
    • Chine : Le volume des opérations cyber d’origine chinoise devrait continuer à dépasser celui des autres nations en 2026, en privilégiant la discrétion et l’ampleur opérationnelle. Ces acteurs cibleront de manière agressive les appareils en périphérie (edge devices), exploiteront les vulnérabilités zero-day et viseront les prestataires tiers.
    • Iran : En 2026, l’activité cyber iranienne visera à stabiliser le régime et à préserver son influence régionale, dans un contexte de tensions géopolitiques persistantes. Les frictions croissantes entre l’Iran, Israël et les États-Unis continueront d’alimenter les campagnes d’espionnage cyber, les attaques déstabilisatrices ainsi que les opérations d’influence. Le risque de déploiement de wipers (malwares destructeurs) demeurera particulièrement élevé, dans la continuité des tactiques offensives observées depuis octobre 2023.

David Grout,  CTO Google Cloud Security déclare :

A propos de l’IA : “En 2026, les capacités de défense continueront de se renforcer grâce à l’essor de l’IA agentique et la mise à disposition de serveurs MCP (Multi Context Protocol), véritables multiplicateurs de force. Leur déploiement à grande échelle et l’émergence de nouvelles innovations permettront d’améliorer la détection et de réduire la charge opérationnelle. La région EMEA restera quant à elle un terreau fertile pour les start-up de l’ IA, où l’innovation s’affirmera pleinement dès 2025, une région qui sera donc aussi une cible de choix pour les attaquants de toute nature (cybercriminel, cyber espion) D’un autre côté, il y aura également un ensemble de nouvelles opportunités pour les pirates informatiques, qui commenceront par essayer de manipuler les serveurs MCP ou à viser les Agentic, mais aussi par créer leur propre agent IA d’attaque. Nous verrons certainement apparaître de nouvelles TTP basées sur des agents IA ou ciblant des protocoles qui vont se déployer largement comme MCP ou 2A2 .” 

La chaîne d’approvisionnement, un défi permanent : “Mais parallèlement, les cybermenaces se diversifieront. L’exploitation de la chaîne d’approvisionnement par les attaquants devrait s’intensifier, avec une accélération attendue en 2026. Les entreprises et gouvernements de la région EMEA seront particulièrement ciblés, notamment à travers certains produits, technologies ou composants européens, afin de mieux sélectionner les victimes.” 

Élections dans la région EMEA et bipolarisation des opinions : “Les prochaines élections régionales et municipales de 2026 dans toute l’Europe, y compris les élections municipales en France, seront des cibles de choix pour les opérations d’influence malveillantes. Ces élections locales et régionales, qui ont souvent des implications politiques nationales majeures, offriront de nombreuses occasions aux acteurs étrangers et nationaux de semer la discorde ou de démontrer leur savoir-faire.”