Étude – Les entreprises identifient leurs menaces mais ne parviennent pas à réagir assez rapidement

0
117

Étude Filigran : les entreprises identifient leurs menaces mais ne parviennent pas à réagir assez rapidement – 84 % d’entre elles affirment que les cyberattaques exploitent des risques connus mais non prioritaires.

  • Le rapport mondial “State of Threat Management” révèle que la fragmentation des outils et les processus manuels creusent l’écart entre la prise de conscience des menaces et une gestion efficace des menaces (CTEM).
  • Seules 41 % des entreprises disposent d’une vue d’ensemble pleinement consolidée de leur exposition aux risques cyber ; les équipes de sécurité consacrent 42 % de leur temps à enquêter sur des risques qui s’avèrent être de faible priorité ou non exploitables.
  • Les processus de gestion des menaces (CTEM) basés sur l’IA devraient presque doubler – passant de 37 % à 59 % – d’ici deux ans ; 88 % des personnes interrogées s’accordent à dire que l’automatisation est essentielle pour faire face au volume croissant de risques.

Filigran, l’entreprise européenne spécialisée dans la gestion des menaces en open source, a publié aujourd’hui le rapport « The State of Threat Management », une étude mondiale menée auprès de 550 décideurs et professionnels de la sécurité informatique par le cabinet d’études indépendant Vanson Bourne. Cette étude met en évidence un décalage frappant : alors même que la gestion continue de l’exposition aux menaces (CTEM) s’impose progressivement comme un cadre de référence dans le secteur, la maturité opérationnelle nécessaire à sa mise en œuvre reste difficile à atteindre.

Le rapport commence par mettre en évidence ce qu’il appelle le « déficit d’exposition » : l’écart entre le fait de savoir que des menaces existent et celui de disposer de la maturité nécessaire pour prendre les mesures appropriées et hiérarchisées afin d’y remédier. Bien qu’elles déploient en moyenne 14 flux d’informations différents sur les menaces, 61 % des organisations déclarent ne pas être en mesure de déterminer quelles vulnérabilités sont les plus susceptibles d’être exploitées lors d’attaques réelles. Seules 38 % d’entre elles utilisent les renseignements sur les menaces (CTI) dans le cadre d’un processus de validation continu et entièrement automatisé. Les équipes de sécurité consacrent en moyenne 42 % de leur temps à enquêter sur des risques qui s’avèrent par la suite peu prioritaires ou non exploitables.

« Le problème, ce n’est pas le manque de visibilité. C’est plutôt que les équipes ont du mal à traduire cette visibilité en actions suffisamment rapidement », déclare Julien Richard, cofondateur de Filigran.« Les entreprises croulent sous les données sur les menaces provenant de dizaines de sources et d’outils différents. Sans validation continue ni hiérarchisation intelligente, ces données génèrent davantage de bruit que de clarté. Pour combler ce fossé en matière d’exposition, il faut relier directement les renseignements sur les menaces à la validation de l’exposition et à la réduction des risques au sein d’un flux de travail continu. »

Chiffres notables pour la France

La France présente le plus grand « angle mort en matière d’exploitabilité » parmi tous les pays. Pas moins de 64 % des personnes interrogées en France s’accordent à dire que leur organisation ne comprend pas pleinement quelles vulnérabilités, erreurs de configuration ou faiblesses sont les plus susceptibles d’être exploitées lors d’attaques réelles. Un pourcentage plus élevé que la moyenne mondiale (61 %).

L’obstacle n°1 est le manque de visibilité sur les risques concrets (et non un manque de compétences). Contrairement au Royaume-Uni (où les compétences et les effectifs occupent une place prépondérante) et contrairement à la tendance mondiale, le principal obstacle à l’amélioration de la gestion des expositions en France est le manque de visibilité ou de validation des risques concrets, avec un taux de 50 %, le plus élevé de la région EMEA et bien supérieur à la moyenne mondiale de 42 %.

La valeur de l’IA est la plus faible observée lors de la validation, alors que c’est là qu’elle est la plus nécessaire. Seuls 34 % estiment que « la vérification de la faisabilité réelle de l’exploitation des opportunités » serait le domaine qui bénéficierait le plus de l’IA. Un pourcentage qui est le plus bas de tous les pays et bien inférieur à la moyenne mondiale de 54 %.

L’augmentation de la fréquence ou de la sophistication des cyberattaques est le principal facteur d’investissement avec un taux de 64 %. Un pourcentage qui est le plus élevé de tous les pays et supérieur de 10 points à la moyenne mondiale de 54 %.

Maturité : 78 % des répondants français déclarent avoir une bonne compréhension de la gestion des risques et participer à l’élaboration de l’approche, un chiffre supérieur à la moyenne mondiale de 72 %. Pourtant, seuls 38 % disposent d’un programme CTEM pleinement opérationnel, et seuls 26 % ont une vision globale et consolidée des risques.

Renseignements sur les menaces : 30 % des entreprises françaises exploitent les renseignements sur les menaces dans le cadre d’un processus de validation continu et entièrement automatisé. Un chiffre inférieur à la moyenne mondiale de 38 %, mais deux fois supérieur aux 14 % enregistrés au Royaume-Uni. Toutefois, 58 % les utilisent dans le cadre d’un processus structuré et partiellement automatisé, le taux le plus élevé de tous les pays et bien supérieur à la moyenne mondiale de 47 %.

La visibilité reste fragmentée

Les investissements massifs dans les outils de sécurité n’ont pas permis d’obtenir une vue d’ensemble unifiée des vulnérabilités. Seules 41 % des entreprises déclarent avoir pleinement consolidé leur visibilité sur les cyberrisques, et cet écart est particulièrement marqué en dehors de l’Amérique du Nord, où les entreprises accusent un retard d’environ 20 points tant en matière de visibilité consolidée que de validation automatisée en continu.

Pourtant, cette maturité ne s’est pas traduite par un regain de confiance. Les organisations américaines sont en tête au niveau mondial en matière d’adoption du CTEM. 58 % d’entre elles déclarent disposer d’un programme pleinement établi, mais elles sont également les plus susceptibles de citer l’escalade de la fréquence des attaques comme principal moteur de leurs investissements (62 %).

Près de 9 répondants sur 10 s’accordent à dire que les renseignements sur les menaces ne suffisent pas à eux seuls à réduire les risques, à moins d’être validés en continu par rapport à l’exposition réelle.

Les processus manuels créent un goulot d’étranglement dans la hiérarchisation des priorités

Alors que 88 % des personnes interrogées reconnaissent que les évaluations périodiques ne parviennent pas à suivre le rythme des changements dans leur environnement, près de la moitié (48 %) s’appuie encore entièrement ou en grande partie sur des processus manuels pour identifier les vulnérabilités, et 45 % font de même pour l’analyse des menaces. 82 % affirment que les processus manuels compliquent la détermination des risques nécessitant une attention immédiate.

Ce goulot d’étranglement a des conséquences réelles : 84 % des personnes interrogées s’accordent à dire que les cyberattaques exploitent des risques connus qui ne sont pas priorisés. Parmi les principaux obstacles à la validation de l’exploitabilité des menaces figurent la crainte de perturber les systèmes (49 %), l’effort manuel excessif (46 %) et la mauvaise intégration avec les processus de sécurité existants (42 %). Le bruit des alertes aggrave le problème : 89 % des personnes interrogées affirment que le réduire aiderait à identifier les alertes représentant un risque réel pour l’entreprise.

« Cette étude quantifie un défi auquel les professionnels de la sécurité sont confrontés depuis des années », explique Neena Sharma, Head of Customer and Product Marketing chez Filigran. « Le secteur a massivement investi dans la détection et le renseignement, mais sans validation et hiérarchisation continues, les organisations restent en mode réactif. Ces résultats renforcent la raison pour laquelle nous développons la plateforme XTM : pour offrir aux équipes de sécurité le pont opérationnel entre la prise de conscience et l’action. »

L’IA et l’automatisation s’imposent comme la voie vers un CTEM opérationnel

L’adoption de l’IA dans la gestion des expositions s’accélère. Actuellement, 37 % des processus de gestion des expositions sont pilotés par l’IA, et les personnes interrogées s’attendent à ce que ce chiffre atteigne 59 % d’ici deux ans. 88 % s’accordent à dire que sans une automatisation accrue, les équipes de sécurité ne peuvent pas faire face au volume de risques qu’elles doivent évaluer.

Alors que 95 % des organisations s’accordent à dire qu’une automatisation accrue leur permettrait d’être davantage assurées que leurs équipes se concentrent sur les risques les plus importants, seules 38 % d’entre elles ont mis en place une validation automatisée et continue.

Les domaines qui, selon les personnes interrogées, bénéficieraient le plus de l’IA et de l’automatisation sont la détection des vulnérabilités, des erreurs de configuration et des expositions (59 %) ; la compréhension des menaces pertinentes pour leur environnement spécifique (56 %) ; et la validation du caractère réellement exploitable des expositions (54 %).

Au cours des 12 à 24 prochains mois, les trois quarts des organisations prévoient d’investir à la fois dans des outils de quantification des risques cybernétiques et dans des capacités d’évaluation de l’exposition à ces risques. L’urgence est évidente : 93 % d’entre elles s’accordent à dire que retarder l’amélioration de leur gestion des risques cybernétiques augmente le risque d’incidents graves, et 94 % affirment qu’une approche proactive en matière de cybersécurité en 2026 dépendra de l’intégration des renseignements sur les menaces à la gestion de l’exposition.

Le rapport complet est disponible au téléchargement ICI.

À propos de l’enquête

Le rapport « State of Threat Management » s’appuie sur une enquête menée auprès de 550 décideurs et professionnels de haut niveau en sécurité informatique au sein d’organisations comptant plus de 1 000 employés dans les secteurs des services financiers, de la santé, de l’énergie, du secteur public, de l’informatique et des technologies, ainsi que du commerce de détail. L’étude a été réalisée par Vanson Bourne entre février et mars 2026 aux États-Unis, au Canada, en France, en Allemagne, au Royaume-Uni, en Australie, à Singapour, au Japon et aux Émirats arabes unis.