À l’approche des élections municipales les 15 et 22 mars prochains, la cybersécurité des mairies quitte la sphère purement technique pour s’inviter au cœur du débat démocratique. Les vagues de cyberattaques contre les collectivités françaises ont prouvé que la vulnérabilité d’un système d’information n’est plus un simple aléa administratif mais un risque politique réel, capable d’avoir des conséquences négatives sur l’institution locale elle-même.
Tribune – Stan Nabet, Country Manager France chez Netskope, explique dans quelle mesure la culture des accès garantit un haut niveau de sécurité au sein des municipalités, dans un contexte de sophistication croissante des cybermenaces et d’une nécessaire transformation des modèles de défense :
« En 2026, une mairie dont les services sont paralysés ou qui est victime d’un vol de données peut voir ses capacités opérationnelles impactées, au point parfois de fragiliser sa légitimité. Aujourd’hui, l’intelligence artificielle permet aux cybercriminels de cibler avec précision des actifs critiques tels que les registres d’état civil ou les listes électorales. Si le vote papier reste la norme en France, l’organisation du scrutin repose sur une infrastructure numérique indispensable, qu’il s’agisse de valider les inscriptions, de traiter les procurations ou de centraliser les résultats le soir du dépouillement. Toute altération de ces fichiers peut donc avoir un impact direct sur les élections et perturber l’ensemble du fonctionnement des services municipaux, parfois pendant plusieurs semaines, créant un préjudice direct pour les administrés et les élus.
Pour renforcer leur niveau de protection, les collectivités ont intérêt à adopter un modèle de sécurité zero trust, basée sur la culture de l’accès qui permet d’affiner le contrôle en fonction du profil de chaque utilisateur. Il ne s’agit en effet pas uniquement de savoir qui est l’utilisateur, mais aussi de connaître la manière, le lieu et les conditions dans lesquelles il souhaite accéder au réseau. L’approche zero trust s’envisage comme une pratique de gestion rigoureuse plutôt qu’une simple acquisition technologique. Elle garantit que les ressources critiques restent accessibles aux seules personnes autorisées, au moment opportun et pour des motifs légitimes. Cette stratégie permet de traiter les menaces externes tout en neutralisant les risques internes, qu’il s’agisse d’erreurs humaines, de comptes compromis ou de malveillances, assurant ainsi la résilience et la continuité des services municipaux face à l’imprévu.
Les prochaines élections municipales constitueront une étape clé pour valider la résilience des infrastructures avant l’échéance des présidentielles de 2027. Dans un environnement numérique complexe, marqué par des risques d’ingérences accrus, les mairies demeurent le premier maillon de la chaîne de confiance entre l’État et les citoyens. En adoptant une approche zero trust, et en garantissant ainsi l’intégrité des données dès l’échelon municipal, les élus s’assurent que les futurs grands rendez-vous nationaux se dérouleront dans un cadre serein, préservant ainsi la pleine expression de la volonté citoyenne ainsi que la stabilité des services publics. »





