Cyberattaques en série en France : la confiance des organisations dans leur cyber-résilience chute de 11 points en un an

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Baromètre Cohesity 2026 : la cyber-résilience en recul en France, le fossé avec les standards mondiaux se creuse. La nouvelle édition du baromètre mondial de la cyber-résilience de Cohesity révèle une chute de la confiance des organisations françaises, une surexposition aux cyberattaques et un retard face aux nouvelles menaces liées à l’IA.

En bref :

  • La part d’organisations françaises confiantes dans leur stratégie de cyber-résilience chute de 47 % à 36 % en un an : la France passe désormais sous la moyenne mondiale (37 %).
  • 85 % des organisations françaises ont été victimes d’au moins une cyberattaque matérielle, contre 76 % l’an dernier, soit une progression de 9 points en douze mois.
  • 85 % des entreprises françaises ayant subi une cyberattaque au cours des 12 derniers mois n’ont pas respecté leurs objectifs de temps de restauration (RTO), contre 76 % au niveau mondial.

Tribune – Cohesity, spécialiste de la sécurisation des données alimentée par l’IA, publie aujourd’hui la nouvelle édition de son baromètre mondial de la cyber-résilience. Fondé sur une enquête menée auprès de 3 200 décideurs IT et sécurité dans 11 pays (dont 400 en France), ce rapport annuel analyse la maturité des organisations face aux cybermenaces et leur capacité réelle à s’en remettre. Les résultats 2026 pour la France révèlent que la confiance dans leur stratégie de cyber-résilience a diminué, que l’exposition aux attaques s’est intensifiée, et que le pays enregistre un écart sur plusieurs indicateurs clés par rapport à d’autres régions du monde.

La confiance s’effrite : la France bascule sous la moyenne mondiale

Le principal enseignement de cette édition concerne l’évolution de la confiance des organisations françaises dans leurs stratégies de cyber-résilience. En 2025, 47 % des répondants français déclaraient avoir une confiance totale dans leur stratégie. En 2026, cette proportion chute à 36 %, soit une baisse de 11 points en douze mois. La France passe ainsi sous le niveau mondial, établi à 37 %. L’Australie, l’Allemagne et les États Unis sont les pays qui affichent la confiance la plus élevée dans leur stratégie de cyber-résilience avec 46% 45% et 44%.

Ce recul s’accompagne d’une reconnaissance plus marquée d’insuffisances structurelles : 15 % des organisations françaises estiment que leur stratégie nécessite des améliorations significatives, contre 10 % au niveau mondial, soit un écart de 5 points.

Si presque toutes les organisations françaises déclarent disposer d’une stratégie de cyber-résilience (99 %), rares sont celles qui la jugent véritablement à la hauteur des menaces actuelles. Cet écart entre la posture affichée et la préparation réelle constitue le fil rouge de cette édition 2026.

« Cette baisse de confiance est un signal que nous ne pouvons pas ignorer », souligne Olivier Savornin, Vice-Président Europe chez Cohesity. « Elle reflète une prise de conscience croissante de l’écart entre la stratégie de sécurité affichée et la capacité réelle à absorber un choc cyber. Les organisations françaises mesurent désormais l’ampleur du travail restant, et c’est en soi une avancée. Mais la prise de conscience ne suffit pas : il faut maintenant agir concrètement. »

Des cyberattaques en progression : l’exposition cumulée atteint un niveau record

Le baromètre confirme une tendance significative : l’exposition cumulée des organisations françaises aux cyberattaques majeures continue de progresser. Aujourd’hui, 85 % des organisations françaises déclarent avoir subi au moins une cyberattaque ayant eu un impact matériel sur leur activité, contre 76 % en 2025, soit une progression de neuf points en douze mois.

Sur les douze derniers mois, 68 % des organisations françaises ont été victimes d’au moins une cyberattaque aux conséquences significatives. Ce chiffre, légèrement inférieur au total mondial (73 %), ne doit pas induire un faux sentiment de sécurité : parmi les organisations dont la dernière attaque majeure remonte à plus d’un an, 42 % ont été frappées entre 12 et 24 mois auparavant, contre 32 % au niveau mondial. Les répercussions des récentes vagues d’attaques restent donc visibles dans les organisations françaises.

Répartition des investissements : la France sous-investit dans la phase de restauration

Le baromètre 2026 permet d’analyser la répartition des budgets de cyber-résilience selon les cinq fonctions du référentiel NIST (Identifier, Protéger, Détecter, Répondre, Restaurer). En France, la structure d’investissement reproduit le déséquilibre observé au niveau mondial : la fonction « Protéger » capte la part la plus importante des budgets (26 % en moyenne dans le monde et 25% en France), tandis que la fonction « Restaurer » reste la moins dotée (17 % dans le monde et en France).

La France se distingue cependant sur un point : 80 % des répondants français allouent moins du quart de leur budget à la fonction « identifier » (c’est-à-dire à la compréhension de ses actifs, risques et vulnérabilités), contre 73 % globalement. Or, sous-investir dans la phase d’identification expose les organisations à des angles morts considérables lors d’une crise.

Ce déséquilibre est d’autant plus difficile à corriger que les organisations françaises semblent moins conscientes de son existence : seules 59 % d’entre elles reconnaissent que leurs investissements sont trop fortement orientés vers la prévention plutôt que vers la réponse et la restauration, contre 73 % au niveau mondial.

Restauration et IA : deux lacunes qui distinguent la France du reste du monde

L’un des indicateurs les plus significatifs de la maturité opérationnelle est le respect des objectifs de temps de restauration (RTO). Sur ce point, la France affiche une performance inférieure aux standards mondiaux : parmi les organisations françaises ayant subi une cyberattaque, 81 % déclarent que leur temps de restauration réel a dépassé leur RTO cible, contre 75 % au niveau mondial. Cet écart de 6 points traduit une difficulté accrue des entreprises françaises à tenir leurs engagements de continuité d’activité lorsque l’attaque survient. Les pays les plus performants dans ce domaine sont les Emirats Arabes Unis et le Japon, pour qui le RTO mesuré était inférieur à celui cible pour 21% et 19% d’entre eux.

Cette difficulté opérationnelle s’accompagne d’un écart notable face aux menaces émergentes liées à l’IA. Seuls 33 % des répondants français déclarent couvrir de façon exhaustive les scénarios d’attaques ciblant leurs systèmes et workflows IA dans leur plan de réponse, contre 39 % au niveau mondial. Et lorsqu’un incident cyber survient, 13 % des organisations françaises utilisant l’IA ne se déclarent pas confiantes dans leur capacité à vérifier l’intégrité de leurs modèles et données après l’attaque, contre 8 % au niveau mondial, soit un écart de 5 points.

« La surface d’attaque évolue plus vite que les plans de réponse », analyse Olivier Savornin. « Les organisations françaises doivent impérativement intégrer les scénarios de compromission des systèmes IA dans leurs exercices de crise et leurs stratégies de restauration. Dans un environnement où l’IA est au cœur des opérations métier, la capacité à en valider l’intégrité après un incident devient un prérequis de confiance pour les clients, les partenaires et les régulateurs. Les organisations qui prendront ce virage en premier disposeront d’un avantage concurrentiel. »

 

Méthodologie

Les résultats du baromètre 2026 de la cyber-résilience sont basés sur une enquête menée auprès de 3 200 décideurs informatiques et sécurité, commanditée par Cohesity et réalisée par Vanson Bourne au printemps 2026. Les répondants représentent des organisations aux États-Unis, au Brésil, au Royaume-Uni, en Allemagne, en France, aux Émirats arabes unis, en Australie, en Corée du Sud, au Japon, en Inde et à Singapour. Les organisations comptaient au moins 1 000 employés et provenaient d’un large éventail de secteurs publics et privés.

Afin d’établir une base de compréhension commune, la définition suivante de la cyber-résilience, telle que formulée par le NIST, a été présentée aux participants en début d’enquête : « La capacité à anticiper, à résister, à se remettre et à s’adapter à des conditions défavorables, à des pressions, à des attaques ou à des failles affectant les systèmes qui utilisent des ressources cyber ou qui fonctionnent grâce à celles-ci. La cyber-résilience vise à permettre la réalisation des objectifs opérationnels ou commerciaux qui dépendent de ressources cyber, dans un environnement cyber contesté. »

Aux fins de cette enquête, une cyberattaque « matérielle » a été définie comme ayant un impact mesurable sur l’organisation concernée, que ce soit sur le plan financier, en termes de réputation, sur le plan opérationnel et/ou en termes de perte de clientèle.

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