Demain, la journée européenne de la protection des données rappellera l’importance de sécuriser nos données. Mais qu’en est-il de notre capacité à les restaurer après une attaque ? Le baromètre mondial de Cohesity sur la cyber-résilience dresse un état des lieux préoccupant : près d’un tiers des grandes entreprises françaises (27 %) n’ont pas la maturité nécessaire pour se relever efficacement d’une cyberattaque. Tribune.
- Le baromètre de la cyber résilience de Cohesity révèle une disparité significative dans la capacité des organisations à gérer et se remettre d’une cyberattaque.
- S’appuyant sur une méthodologie classant les entreprises selon 5 niveaux de maturité, l’étude analyse comment les organisations font face à une cyberattaque, mettant en lumière l’écart entre les plus résilientes et les moins aguerries.
Cette étude, menée auprès de plus de 3 200 décideurs IT et sécurité dans 11 pays (dont 400 organisations de plus de 1 000 collaborateurs en France), révèle un véritable fossé de maturité entre les organisations.
Parmi les données marquantes pour la France :
- Seulement 15 % des entreprises françaises atteignent les niveaux de maturité les plus élevés, en dessous de la moyenne européenne (17 %)
- 75 % des entreprises françaises interrogées ont payé une rançon au cours des 12 derniers mois
- En moyenne, il faut 3,7 jours pour restaurer les données après une attaque
- Seulement 3 % des entreprises françaises ayant subi une cyberattaque ont déclaré que leur assurance a couvert 100% de leurs frais de restauration, contre 6% au niveau mondial.
- 36 % des entreprises ont perdu des clients suite à une cyberattaque
Cohesity, spécialiste de la sécurisation des données alimentée par l’IA, a publié son baromètre mondial de la cyber-résilience. Ce rapport, basé sur une enquête menée auprès de plus de 3200 décideurs IT et sécurité dans 11 pays, dont 400 organisations de plus de 1000 collaborateurs en France, analyse la maturité des organisations en matière de cyber résilience, c’est-à-dire leur capacité à gérer et se remettre d’une cyberattaque.
Fracture de la cyber résilience : un fossé de maturité entre les organisations
L’étude Cohesity permet de classer les organisations selon 5 niveaux de maturité en matière de cyber-résilience, révélant un fossé de maturité entre les organisations. Voici les principales conclusions du baromètre :
- 27 % des organisations françaises se situent dans les deux niveaux les moins matures (niveaux 1 et 2), indiquant une capacité insuffisante à anticiper, résister et se rétablir d’une cyberattaque. En comparaison, la moyenne mondiale et la moyenne européenne s’établissent à 25 %, indiquant que la France ne compte pas parmi les meilleurs élèves en matière de cyber résilience.
- Seulement 15 % des entreprises françaises atteignent les deux niveaux de maturité les plus élevés (niveaux 4 et 5), légèrement en dessous de la moyenne mondiale établie à 16 % et de la moyenne européenne à 17 %. Dans la région EMEA, c’est le Royaume-Uni qui compte le plus d’organisations matures (22 %).
- 58 % des organisations françaises se situent au niveau intermédiaire (niveau 3).
- Les secteurs d’activité les plus résilients sont : l’IT & Télécoms (25 %), le BTP (20%) et les médias (16%). Les secteurs d’activité les moins matures : le secteur public (12 %), la santé (9 %) et les services aux consommateurs (7 %).
Conséquences du manque de maturité en cyber résilience
Les conséquences d’une faible maturité en cyber-résilience se manifestent concrètement :
- Délai pour restaurer ses données : Plus une organisation est cyber résiliente, plus elle récupérera ses données rapidement. Les organisations françaises mettent en moyenne 3,7 jours pour restaurer leurs données, contre 4,1 jours en Europe. Au niveau global, les entreprises les moins matures mettent en moyenne 5,2 jours pour restaurer leurs données, contre 3,4 jours pour les plus matures.
- Payer ou ne pas payer une rançon ? Plus une organisation est cyber résiliente, moins elle choisira de payer une rançon en cas de cyberattaque. Les entreprises les moins matures sont 87% à avoir payé une rançon au niveau mondial, tandis que seulement 65% des entreprises les plus matures ont payé une rançon au cours des 12 derniers mois. 75 % des entreprises françaises ont payé une rançon au cours des 12 derniers mois.
- Que couvre une cyber assurance ? Les organisations les plus résilientes privilégient des assurances qui couvrent l’intégralité des frais de restauration de données. Seulement 3 % des entreprises françaises ayant subi une cyberattaque ont déclaré que leur assurance a couvert 100% de leurs frais de restauration. A l’échelle mondiale, 6 % des organisations ont été indemnisés pour l’intégralité de ces frais par leur assurance.
- Détection automatique ou manuelle des attaques ? En France, 51% des organisations détectent automatiquement les attaques, sans intervention manuelle. Les organisations les plus matures sont 58 % à détecter automatiquement les attaques, contre seulement 39 % pour les moins matures.
- Quelle action immédiate en cas de cyberattaque ? Les organisations les plus résilientes privilégient rapidement un isolement des systèmes affectés. Ainsi, 44% des entreprises Françaises ont créé une « clean room » pour l’investigation après une cyberattaque. Les organisations les plus matures sont 72 % à le faire, contre 38 % pour les moins matures
- Impact d’une cyberattaque sur le portefeuille client : Plus une entreprise est résilience plus elle saura atténuer l’impact d’une cyberattaque sur ses clients. En France, 36 % des entreprises ont perdu des clients à la suite d’une cyberattaque, dont 9 % plus de 15 % de leur base client. A l’échelle mondiale, 49% des organisations les moins matures ont perdu des clients, contre 26 % pour les plus matures.
Pour Olivier Savornin, VP EMEA de Cohesity :
« Dans le paysage actuel de la cybersécurité, il est impératif pour chaque entreprise d’évaluer sa maturité en matière de cyber-résilience. Nous observons qu’un nombre significatif d’organisations, y compris parmi les grandes structures, ont une réelle opportunité d’optimiser leur capacité à réagir et à se remettre efficacement d’une cyberattaque. Une maturité perfectible peut entraîner des délais de restauration prolongés, rendre la gestion de crise plus complexe, y compris les défis liés à la négociation, et potentiellement impacter la confiance des clients.
La cyber-résilience est aujourd’hui bien plus qu’une nécessité stratégique ; elle est un pilier fondamental de la compétitivité et de l’innovation. C’est pourquoi les entreprises doivent collectivement accélérer leur démarche pour bâtir une résilience proactive. »
Les 5 piliers de la cyber-résilience : une feuille de route pour la maturité
Pour renforcer la cyber-résilience, Cohesity préconise une approche structurée autour de cinq piliers essentiels :
- Protéger toutes les données : Adopter une plateforme moderne couvrant VMs, SaaS, bases de données et NAS.
- Assurer une récupération constante : Mettre en œuvre MFA, immutabilité et contrôle d’accès pour les sauvegardes.
- Détecter et investiguer les menaces : Utiliser des capacités proactives d’analyse et de chasse aux menaces.
- Pratiquer la résilience des applications : Simuler régulièrement des scénarios d’attaques en environnement isolé.
- Optimiser la posture de risque : Utiliser des outils de découverte et de classification des données pour réduire les risques.
Pour consulter le baromètre : https://www.cohesity.com/content/dam/cohesity/resource-assets/research-reports/cyber-resilience-global-survey-report-fr.pdf
Pour plus d’informations sur les 5 piliers de la cyber-résilience : https://www.cohesity.com/content/dam/cohesity/resource-assets/ebook/5-Critical-Steps-To-Improve-Your-Organizations-Cyber-Resilience-fr.pdf
Méthodologie
Les résultats du rapport Risk-Ready or Risk-Exposed: The Cyber Resilience Divide sont basés sur une enquête menée auprès de 3 200 décideurs informatiques et de sécurité, commanditée par Cohesity et réalisée par Vanson Bourne en septembre 2025. Les répondants représentent des organisations aux États-Unis, au Brésil, au Royaume-Uni, en Allemagne, en France, aux Émirats arabes unis, en Australie, en Corée du Sud, au Japon, en Inde et à Singapour. Les organisations comptaient 1 000 employés ou plus et provenaient d’un éventail de secteurs publics et privés.





