L’aura farming, dernière tendance consistant à paraître naturellement cool face caméra, a transformé des danses ou même des gestes du quotidien, en contenus viraux. Le concept repose sur un contraste captivant : accomplir une prouesse ou faire un geste du quotidien tout en affichant une impassibilité totale, comme si de rien n’était. C’est cette indifférence feinte qui crée « l’aura » recherchée par les ados. Cependant, pour les enfants et les adolescents, quelques secondes de viralité inattendue peuvent avoir des conséquences qui dépassent de loin la plaisanterie initiale.
Tribune Kaspersky – Lorsqu’une vidéo gagne en popularité, des individus malveillants ou curieux cherchent parfois à identifier l’auteur. Ils croisent ses identifiants sur le web, analysent ses publications passées et collectent des détails personnels comme son école, son lieu de résidence ou ses hobbies. Selon les spécialistes de Kaspersky, un simple “meme” peut ainsi accroître considérablement l’empreinte numérique d’un mineur, laquelle s’étend bien au-delà de ce qu’il choisit sciemment de publier.
En 2026, le phénomène d’aura farming a dépassé les réseaux sociaux pour investir l’espace public. En Amérique latine et en Europe, des adolescents ont même commencé à organiser des « battle d’aura », reproduisant des gestes, des poses et des mèmes viraux devant des foules qui filment ces compétitions.
Aider les enfants à repérer les techniques d’ingénierie sociale
Lorsqu’un jeune fait face à une célébrité soudaine, distinguer les opportunités authentiques des tentatives de manipulation devient un véritable défi. À mesure que l’audience s’élargit, il est plus prudent de ne pas accorder d’emblée sa confiance à l’ensemble des personnes qui cherchent à entrer en contact. La diffusion d’informations personnelles liées à cette visibilité peut engendrer une illusion de proximité, ce qui ne garantit en rien la légitimité ou les intentions réelles de l’interlocuteur.
Développer des compétences pratiques pour naviguer en toute sérénité sur Internet s’avère plus simple grâce aux enseignements axés sur la « Cyberhygiène ». Ces formations dépassent les simples règles élémentaires de protection des comptes ou de repérage des comportements suspects. Elles englobent une vision globale de la vie numérique, incluant la protection de la vie privée, les bonnes pratiques de partage, ainsi que la prise de conscience des répercussions qu’ont nos actes en ligne sur notre réputation et notre sécurité au quotidien.
Faire de la sécurité en ligne une discussion, pas une interdiction
Face à une viralité soudaine, la panique et les sanctions sont à éviter. Sanctionner un enfant risque seulement de le couper du dialogue et de l’inciter à cacher ce qu’il vit en ligne par peur de perdre l’accès à son téléphone ou à ses réseaux. À l’inverse, cette situation offre une opportunité idéale pour faire le point ensemble sur les paramètres de confidentialité de ses comptes.
Pour protéger la sécurité numérique des enfants, il est essentiel de vérifier si un identifiant unique permet d’interconnecter plusieurs profils. De plus, il convient de consolider la protection des accès grâce à l’authentification à deux facteurs et à des mots de passe distincts entre autres.
« L’aura farming finira par être remplacé par une nouvelle trend, mais le phénomène global ne disparaîtra pas pour autant. Les enfants évoluent de plus en plus dans un environnement numérique où la visibilité peut être accidentelle, mondiale et presque instantanée. Cela signifie que l’éducation à la sécurité en ligne doit elle aussi évoluer. Apprendre aux enfants à réfléchir avant de publier reste essentiel, mais ce n’est plus suffisant. Ils doivent également savoir comment réagir lorsque quelqu’un d’autre les publie, lorsque des inconnus découvrent leurs profils, lorsque leur image commence à circuler hors de son contexte d’origine ou quand cette viralité nouvelle conduit à des tentatives de prise de contact », commente Andrey Sidenko, responsable des projets de cyber-éducation chez Kaspersky.





