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L’un des évangélistes du Bitcoin est inculpé de blanchiment pour avoir permis, grâce à une plateforme d’échanges électroniques, l’achat anonyme de stupéfiants. Un fait qui intervient en plein débat sur les dangers du Bitcoin : quelles fraudes financières pourraient découler de cette nouvelle monnaie de plus en plus attractive ?

Ils sont accusés d’avoir émis pour un million de dollars de Bitcoins, depuis la bourse d’échanges électroniques clandestine The Company, pour permettre l’achat de drogue en ligne, ce qui est considéré, aux États-Unis, comme du blanchiment d’argent. Charlie Shrem (24 ans) et Robert Faiella (52 ans) ont ainsi été inculpés, à New York, pour blanchiment car leurs devises électroniques étaient destinées à permettre l’achat anonyme de stupéfiants sur le site Silk Road, surnommé l’ « eBay de la drogue ». Silk Road avait été fermé en octobre dernier par la justice américaine, après enquête du FBI. Le fondateur de ce site avait été arrêté.

Le procureur new-yorkais a précisé qu’en mettant à disposition ces bitcoins sur la plateforme The Company, les internautes pouvaient acquérir cette monnaie digitale et acheter de la drogue en ligne « en se mettant fors d’atteinte des autorités ». Directeur général de la bourse d’échange électronique BitInstant, Charlie Shrem s’autoproclamait « évangéliste du bitcoin ». Il a été interpellé à l’aéroport JFK et devra répondre du délit de non-dénonciation d’activités suspectes, en violation de la loi sur le secret bancaire.

Dans son rapport de 2012, l’AUSTRAC (qui est l’équivalent en Australie de Tracfin, la cellule française de la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme) souligne les fraudes qui peuvent découler de l’utilisation de Bitcoins. En somme, il est expliqué que le caractère anonyme des devises numériques peut intéresser des groupes criminels et des individus qui cherchent à utiliser les monnaies numériques comme un instrument de délit pour payer des biens et services illégaux et occulter la source de fonds illicites, ou encore contourner l’impôt. Les groupes criminels et les individus peuvent de plus en plus utiliser ces devises numériques, par opposition au trading en ligne de devises réelles, en raison de leur anonymat. Ces devises virtuelles représentent un défi pour les agences gouvernementales car elles permettent notamment de suivre « la piste de l’argent ».

Au-delà du blanchiment, il existe aussi d’autres fraudes dont pourraient être accusés les propriétaires de bitcoins. En France, par exemple, Tracfin a publié, dans son rapport d’activité de 2011, un cas de fraude utilisant le Bitcoin : l’exercice illégal de la profession de banquier.

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