Big Brother 2.0 – Quand la réalité dépasse la fiction

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Si le chef-d’œuvre littéraire d’Orwell en 1984 avait été écrit aujourd’hui, Big Brother n’aurait probablement été qu’un profil de réseau social connecté à peu près à tout le monde, scrutant le Web à la recherche de toute activité. Selon les dernières informations qui ont fuité sur le Web c’est exactement le but recherché par le dernier projet mené par la société Raytheon…

Répondant au doux acronyme de « R.I.O.T. » (pour Rapid Information Overlay Technology), ce qui signifie également « émeute » en anglais, le projet de Raytheon est un agrégateur de données publiques qui suscite de vives réactions, depuis que son existence a fuité en début de semaine dernière.

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À l’heure où nous passons plus de temps à vivre sur les réseaux sociaux qu’en face-à-face avec de vraies personnes, l’empreinte digitale que nous laissons derrière nous est tout simplement énorme. Etant donnés les espaces de stockage et la puissance de calcul nécessaires des ordinateurs, n’importe quel utilisateur peut être réduit à un objet possédant des propriétés telles que ses habitudes de surf, sa géolocalisation, ses intérêts, ses voyages, etc.

Les logiciels de « collecte » ne sont plus maintenant réservés qu’aux seuls gouvernements et aux militaires : ces outils sont désormais disponibles aussi pour les particuliers, moyennant 3 ou 4 dollars par mois.

Citons par exemple, parmi d’autres, Spokeo, un agrégateur de données et de profils publics qui piste toute activité sur les réseaux sociaux. Il associe les utilisateurs sous forme d’arbres généalogiques et permet même de connaître le montant des biens détenus et d’évaluer le revenu annuel d’une personne en particulier.

Un partage sans limite

La vraie valeur des réseaux sociaux repose dans l’information que partagent librement leurs utilisateurs. Ces informations, qui peuvent paraître insignifiantes prises une à une, permettent une fois assemblées de réaliser un portrait très précis de la vie d’une personne. Pour paraphraser le fameux avertissement de Miranda, « tout ce que vous postez sur le Web pourra être et sera utilisé contre vous ».

La ligne de front de votre vie privée dépend donc de vos paramétrages de compte, même si modifier les paramètres de confidentialité n’évitent pas nécessairement que des données puissent un jour ou l’autre s’éparpiller sur la toile. Et pour cause, de nombreuses failles affectant les réseaux sociaux ont déjà permis par le passé à de parfaits inconnus d’avoir accès à des données privées. Il y a aussi des chances pour que l’un des contacts de vos amis ne soit en réalité qu’un robot qui collecte des données sur le Web à votre insu et celui des autres utilisateurs – Big Brother 2.0.

Cette surveillance ne s’arrête pas aux réseaux sociaux, il existe bien d’autres procédés pour récupérer des données sur les habitudes de chacun : les caméras de surveillance, ou les téléphones – ces derniers peuvent vous localiser à 50 mètres près par triangulation des signaux, et ce même si vous n’avez pas un smartphone.

De nombreuses données sont récupérées et utilisées par des entreprises pour une réutilisation dans un but commercial. Mais à la différence de RIOT ou autres Spokeo, les services qui exploitent vos données le font pour la plupart de manière anonyme, comme le rapporte Le Monde.

Alors, comment éviter d’être traqué à ce point et garder une longueur d’avance sur les traceurs ? La réponse est simple : ne partagez pas ce qu’il n’est pas nécessaire de partager. Utilisez les réseaux sociaux avec modération, et gardez en mémoire que cet « ami » inconnu dont vous venez d’accepter l’invitation peut très bien être un robot, qui va fouiller votre profil pour y dénicher des informations…

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Source : Laboratoires BitDefender
Crédits image : Flickr, Charles Fettinger

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