Amérique : Un 11 septembre numérique annoncé ?

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John « Mike » McConnell, ancien directeur de l’espionnage américain renouvelle ses mises en garde contre un 11 septembre numérique. Selon lui, tous les clignotants sont au rouge et les alertes se multiplient.

Dans une interview accordée au Financial Times, l’ancien directeur de la NSA ne mâche pas ses mots. Il considère que les signaux d’alerte se sont multipliés ces derniers mois et que l’équivalent numérique du 11 septembre 2001 se rapproche à grande vitesse. Pour preuve de ses dires, M. McConnell cite les cyberattaques qui se sont multipliées ces derniers mois contre une douzaine de banques américaines parmi lesquelles Wells Fargo, JP Morgan Chase et Bank of america.

Il prend également comme exemple l’attaque dont a été victime l’entreprise pétrolière Saudi Aramco qui a vu la destruction des deux tiers des postes informatiques (30 000) par l’infection d’un virus baptisé Shamoon. Selon plusieurs sources américaines, Shamoon aurait été conçu par les iraniens et aurait visé la compagnie pétrolière saoudienne ainsi que la société qatarie RasGas au mois d’août dernier.

Selon lui, les alertes « ne sont pas prises en compte »

L’ancien patron de l’espionnage considère que les signaux d’alerte se multiplient et, plus grave, qu’ils ne sont pas suffisamment pris en compte par les autorités américaines.  « Nous avons eu des signaux d’alerte avant le 11 septembre et nous les avons ignoré. Allons-nous attendre l’équivalent numérique de la destruction des tours du World Trade Center », s’interroge-t-il dans les colonnes du FT. L’actuel Secrétaire d’Etat à la Défense, Léon Panetta, a récemment déclaré que les Etats-Unis étaient de plus en plus vulnérables à une attaque susceptible de paralyser les infrastructures électriques, des réseaux d’eaux, des systèmes de transport, des réseaux financiers et gouvernementaux. M. Panetta a de longue date théorisé ce « cyber Pearl Harbour » et M. McDonnell remet de la « modernité » dans le concept.

Concernant le mode opératoire, il explique qu’une nation comme l’Iran pourrait faire appel à des hackers chinois ou russes pour arriver à ses fins. « Tout d’un coup, l’électricité ne fonctionne plus, vous n’avez plus moyen de récupérer de l’argent, vous ne pouvez plus sortir, ni aller sur Internet et la banque, en tant qu’organisme qui fait marcher l’économie, n’est plus crédible. Vous obtenez un Cyber Pearl Harbor et c’est concevable ».

Il conclut que « ce n’est plus qu’une question de temps » avant que des personnes mal intentionnées et munies d’outils sophistiqués puisse lancer une cyberattaque d’envergure…

 

Source : L’Informaticien

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