La police Allemande démantèle le botnet BredoLab

0
101

Le 25 octobre 2010, la Dutch High Tech Crime Unit du KLPD a annoncé avoir procédé au démantèlement du botnet Bredolab.

La police néerlandaise a saisi 143 serveurs sur lesquels reposait le botnet Bredolab. Ceux-ci constituaient le centre de commande et de contrôle (C&C) du réseau de zombies, et étaient hébergés sur le réseau de LeaseWeb, le plus gros hébergeur du pays. Dans le même temps, la police arménienne a arrêté le botmaster Georgiy Avanesov, âgé de 27 ans, dans l’aéroport international arménien de Zvartnots.

Eddy Willems, Security Evangelist chez G Data Software AG livre une analyse de ce botnet.

Bredolab était un botnet similaire à Zeus : le malware permettait à son propriétaire de dérober des couples d’identifiants/mot de passe, de placer un keylogger sur un système compromis et même d’y voler certaines données. Le botnet était aussi loué à d’autres cyberpirates afin de leur permettre de réaliser d’autres méfaits. À la fin de l’année dernière (2009), on estimait que 3,6 milliards de pourriels étaient envoyés par jour et contenaient le logiciel malveillant Bredolab, permettant ainsi à l’opérateur du botnet d’infecter 3 millions de systèmes par mois. Selon certaines sources, le botnet serait actuellement constitué de 29 millions de « zombies », répartis partout dans le monde (Italie, Espagne, Afrique du Sud, États-Unis, Royaume-Uni…).

L’équipe néerlandaise en charge de la « récupération » du botnet était constituée de plusieurs acteurs nationaux (la police, LeaseWeb, le Dutch Forensic Institute (NFI), Fox-IT une société spécialisée dans la sécurité et enfin le GOVCERT) ayant démontré à cette occasion une forte coopération entre eux. Cette équipe a pris le contrôle des zombies et les a associés à un nouveau C&C sous son contrôle pour empêcher le pirate arménien de reprendre leur contrôle en les dirigeant vers un autre C&C. Afin de réaliser cela, l’équipe a utilisé et installé un « gentil » malware pour détourner les systèmes compromis. Cette technique particulière avait déjà été utilisée auparavant par la police néerlandaise dans le cadre d’affaires similaires. Celle-ci reste néanmoins « douteuse » d’un point de vue légal. En effet, la prise de contrôle d’un PC à distance (aussi bien par un « gentil » bot que par un « mauvais », et cela pour une raison « légitime » ou non) est souvent interdite dans la plupart des pays.

Après cela, les utilisateurs ouvrant un navigateur Internet étaient redirigés vers la page suivante : http://teamhightechcrime.nationale-…

Cette page aurait déjà été affichée sur 100 000 systèmes distincts. Elle présente des explications pour se protéger et désinfecter son PC du malware Bredolab. Parallèlement, une autre page a été mise en place afin de permettre aux victimes du botmaster de déposer une plainte. Déjà 55 dépôts ont été enregistrés.

Lorsque le pirate a découvert la tentative de prise de contrôle de son botnet, il a tenté de contrer l’attaque de son adversaire en réalisant une attaque en déni de service sur le nouveau C&C de la police à partir de 220 000 PC toujours sous son contrôle.

D’après des chercheurs de Trend Micro, il resterait au moins un serveur de contrôle du botnet toujours actif (proobizz.cc).