La vie privée au travail : une visibilité nécessaire pour tous les collaborateurs

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Alors que la campagne de vaccination contre le Covid-19 s’accélère en France, les entreprises se préparent à la reprise en présentiel alors qu’il est question de déconfinement, au moins de manière hybride, dès que les conditions sanitaires le permettront et selon un protocole très précis. Dans ce contexte, avec d’un côté le télétravail qui fait désormais partie du quotidien de nombreux Français, et de l’autre un retour au bureau sous conditions, les employeurs sont confrontés à un certain nombre de questions concernant la protection de la vie privée de leurs employés.

Selon Sridhar Iyengar, Managing Director Europe chez Zoho, le RGPD se concentre sur les consommateurs, mais les préoccupations relatives à la vie privée des employés ne reçoivent pas la même attention alors qu’elle est tout aussi importante :

« Des mails aux visioconférences, les applications de collaboration sont devenues des outils essentiels pour connecter les collaborateurs alors que le télétravail est toujours vivement recommandé par le gouvernement pour lutter contre la pandémie de Covid-19 ; et qu’il sera très probablement amené à perdurer sur le long terme dans le cadre d’un modèle de travail hybride. En donnant aux entreprises les outils nécessaires pour suivre l’utilisation de ces applications par les employés, les fournisseurs de logiciels peuvent fournir des informations sur les habitudes de travail et aider les organisations à mieux comprendre leur mode de fonctionnement.

Toutefois, les collaborateurs devraient avoir une visibilité sur la façon dont sont collectées et utilisées ces informations. Aujourd’hui, cette visibilité n’existe pas. Il incombe à l’employeur, ainsi qu’aux fournisseurs de logiciels qui leur proposent des solutions, de permettre de bénéficier de la visibilité et de la transparence sur la manière dont les données des employés sont utilisées, et avec qui elles sont partagées. Un chef d’entreprise dispose d’informations importantes sur ses effectifs, qu’il s’agisse de renseignements personnels, d’avantages sociaux, concernant la paie ou encore les missions conduites. Toutes ces données doivent être protégées et chaque employé doit avoir la possibilité de les consulter.

Le télétravail oblige à une remise en question de la surveillance du travail par les employeurs qui se retrouvent face à des situations encore jamais expérimentées jusqu’ici. “L’épuisement numérique” de la collaboration à distance transforme parfois le travail en une activité de surveillance punitive, dans une certaine mesure, avec des indicateurs de performance clés forçant les collaborateurs à une pseudo-productivité stressante et hyperactive.

Toutes sortes d’applications d’analyse du travail, qui peuvent aussi être considérées comme des logiciels d’espionnage industriel, frappent durement le marché. Lorsqu’il s’agit de l’activité des employés, plus particulièrement en ligne avec le télétravail, ce qui est permis dans les logiciels a un impact sur la culture d’une entreprise. Si par exemple une fonctionnalité au cœur d’une application permet de surveiller les collaborateurs dans le cadre du travail à distance, cela aura une influence indirecte sur la façon dont les entreprises l’adoptent, l’exploitent, et, par extension, sur le rapport entre la direction et les collaborateurs.

Outre cette gestion des données au travers des différents logiciels utilisés par les équipes, se pose également la question de la gestion des données personnelles. Le retour en présentiel pourra en effet s’effectuer selon certaines conditions. Les entreprises doivent en effet s’assurer de leurs droits en matière de collecte des données concernant des employés. Il est également important qu’elles n’aillent pas au-delà de la gestion des suspicions d’exposition au virus aux fins de protéger l’ensemble des collaborateurs, entravant alors potentiellement le droit à la vie privée.

Dans le contexte actuel, le maintien de la confiance doit être une priorité absolue au sein des entreprises. Les employés resteront productifs et impliqués seulement sur la base d’une confiance solide à tous les niveaux, que ce soit la confiance dans les outils mis à disposition, dans les autres collaborateurs et dans les responsables. Ainsi, toute entreprise qui utilise des outils pour suivre la productivité et la collaboration des effectifs doit être consciente de l’impact potentiel sur la confiance, et garantir le respect de la protection de la vie privée de chaque membre de l’organisation ; que ce soit d’ordre professionnel ou personnel en fonction des besoins. Un échec à ce niveau pourrait réduire à néant les efforts déployés pour améliorer la culture d’entreprise et la satisfaction au travail. Le moindre faux pas peut en effet avoir d’importantes conséquences sur l’engagement et la motivation des collaborateurs dans un contexte de crise. »

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