La quasi-totalité des entreprises accusent un retard en matière de transformation numérique à mesure que la cadence du changement s’accélère

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Selon le premier Digital Maturity Index de F5, seules 4 % des entreprises se classent dans la catégorie « à maturité numérique » la plus élevée, alors que 31 % d’entre elles sont considérées comme des « retardataires ». Aucune entreprise du secteur de la santé, des services financiers ou de l’énergie/des services publics n’est classée parmi les « adeptes » du numérique.

Tribune – Après avoir investi pendant des décennies dans la transformation numérique, seule une minorité d’entreprises peut se prévaloir d’avoir atteint un niveau avancé de maturité numérique, selon une analyse de F5.

Pour le premier indice de maturité numérique de F5, 300 réponses issues du 2023 State of Application Strategy Report ont été évaluées sur un ensemble de six capacités techniques : infrastructure, fourniture d’applications, données, opérations d’ingénierie de fiabilité des sites (SRE), observabilité et automatisation, et sécurité.

D’après l’étude, seulement 4 % d’entre elles sont des « adeptes » du numérique. En effet, les entreprises qui ont pleinement adopté et intégré la technologie, la plaçant au cœur de leurs opérations, bénéficient de nombreux avantages. Elles exploitent les données et les analyses pour prendre des décisions éclairées, fournissent des services numériques et tirent parti des technologies émergentes pour pénétrer de nouveaux marchés et obtenir un avantage concurrentiel. 

Dans certains secteurs clés, tels que les services financiers, la santé, l’éducation et l’énergie/les services publics, aucune entreprise interrogée ne s’est classée dans cette catégorie.

En revanche, la grande majorité (65 %) se situe dans la moyenne : des « novices » numériques qui ont obtenu de bons résultats dans certains domaines, mais pas de manière constante dans les six capacités clés évaluées : l’infrastructure informatique, les données, les applications et la fourniture d’applications, l’observabilité et l’automatisation, les pratiques de SRE et la sécurité.

Les 31 % restants représentent les entreprises « à la traine » à l’heure d’adopter les douze mesures clés, comme la distribution de l’infrastructure, la fourniture et la sécurité des applications, la stratégie d’observabilité, le déploiement de l’automatisation dans des domaines clés et l’exploitation des données grâce à la télémétrie.

« À une époque où l’on s’intéresse plus que jamais au pouvoir des technologies de rupture, cette analyse évalue le niveau de préparation des entreprises à exploiter ces technologies à leur avantage. » a déclaré Lori MacVittie, éminente ingénieure chez F5, en amont de la conférence Infosecurity Europe. « Le fait que si peu d’entreprises soient numériquement matures peut surprendre, mais cela souligne la complexité de cette transition et toute l’étendue et la richesse des capacités techniques nécessaires pour réussir. En effet, même après de longs parcours de transformation numérique, la majorité des entreprises ont encore beaucoup de pain sur la planche. »

L’automatisation et le cloud public en témoignent

La courbe d’adoption des technologies clés permet de distinguer clairement ce qui différencie les adeptes du numériques de ceux qui sont à la traine. Les premiers décrivent une entreprise automatisée à 100 %, contre seulement 30 % pour les novices et 6 % pour les retardataires. Plus de la moitié de ces derniers ont déclaré n’avoir fait aucun progrès dans leur parcours d’automatisation.

Pour ce qui est de l’utilisation de l’IA et du Machine Learning (ML), on observe une forte convergence entre les adeptes et les novices : dans les deux cas, 35 % ont déclaré utiliser ou prévoir d’utiliser leurs technologies dans le domaine de la sécurité et 29 % dans chacun des secteurs d’activité. Les retardataires se distinguent, avec près d’un quart (24 %) d’entre eux qui ne les utilisent pas, bien que 27 % d’entre eux le fassent en ce qui concerne les opérations et la sécurité.

Quant au cloud public, il représente un autre indicateur clé de la maturité numérique. Bien qu’au moins un cinquième des entreprises, toutes catégories confondues, l’utilisent pour assurer la continuité des opérations et le développement, un groupe notable de retardataires (39 %) ne fait aucun usage du cloud public, contre seulement 7 % de novices et personne parmi les adeptes.

La manière d’aborder la sécurité est également révélatrice : tandis que la grande majorité des adeptes utilisent une approche de plateforme pour sécuriser leur entreprise (91 %), leur infrastructure (82 %) et leurs applications/API (74 %), ces chiffres sont de moins en moins élevés chez les novices et les retardataires (13 % d’entre eux n’utilisent aucune plateforme).

Même les plus matures peuvent éprouver des difficultés

Même si les entreprises les plus avancées sur le plan numérique se démarquent de leurs concurrentes grâce à leur utilisation des technologies, cela ne garantit pas pour autant que leur processus de transformation numérique se déroule sans difficultés.

L’étude de F5 a révélé que même les entreprises les plus en avance rencontrent encore des difficultés dans certains domaines, en particulier lorsqu’il s’agit de générer des informations exploitables à partir des données. Les entreprises les plus engagées sont celles qui sont les plus susceptibles de mentionner un manque de visibilité lorsqu’il s’agit d’obtenir des informations (75 % contre 54 % pour les entreprises moins engagées et 50 % pour les entreprises à la traîne), ainsi que des données cloisonnées (66 % contre 55 % et 43 %). Pour la majorité des entreprises, le problème le plus critique est le manque d’observabilité, souligné par 53 % des personnes interrogées, contre seulement un quart de celles qui se lancent dans l’aventure.

« La transformation numérique est souvent comparée à un marathon plutôt qu’à un sprint, et notre étude met davantage l’accent sur l’ampleur du défi que sur le succès ou l’échec des entreprises dans ce processus » a déclaré Lori MacVittie. Même parmi les entreprises classées dans la catégorie des retardataires, on observe des signes de maturité dans un ou deux domaines spécifiques. Ce qui leur fait défaut, c’est la cohérence dans l’adoption et l’intégration des approches numériques à travers l’ensemble de l’entreprise, y compris au niveau de l’infrastructure et des applications.

« Il convient également de souligner que certains secteurs progressent plus lentement que d’autres en raison de la nature de la réglementation et de la gouvernance, plus particulièrement les services financiers et les soins de santé. En effet, la transformation numérique n’est pas une course et chaque entreprise doit trouver son propre chemin vers cette transformation, à son propre rythme. » a ajouté Lori MacVittie.

« Au même titre, personne ne devrait douter de l’importance de ce processus. Les recherches de F5 ont toujours établi une forte corrélation entre la maturité numérique et l’augmentation de la productivité, de la satisfaction des clients, de la génération de revenus et de la résilience. »

« La réussite future de chaque secteur dépend de la capacité des entreprises à entreprendre leur transformation numérique. Cette étude souligne l’importance d’une approche globale afin que les entreprises puissent saisir les opportunités et tirer parti des avantages offerts par les technologies de rupture qui émergent quotidiennement. »