La face cachée des domaines parqués : de l’oubli à la menace

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Internet : les domaines abandonnés sont un cimetière numérique d’où renaît le danger. Longtemps considérés comme de simples pages publicitaires sans danger, les domaines parqués sont devenus une nouvelle porte d’entrée majeure pour la cybercriminalité. Une nouvelle étude d’Infoblox Threat Intel révèle que plus de 90 % des visites vers des domaines parqués redirigent aujourd’hui les internautes vers des contenus malveillants, inversant un profil de risque établi depuis plus de dix ans.

Tribune – De nouvelles recherches menées par Infoblox Threat Intel montrent que les domaines parqués, longtemps considérés comme des pages publicitaires inoffensives et oubliées, sont devenus un outil fiable pour les acteurs malveillants. Lors d’expérimentations à grande échelle, plus de 90 % des visites vers des domaines parqués ont redirigé les utilisateurs vers des arnaques, des scarewares, des contenus illégaux ou des malwares, en raison de l’exploitation abusive des systèmes publicitaires dits de « direct search / zero-click ».
 
Concrètement, au lieu d’afficher une simple page publicitaire, ces domaines parqués redirigent instantanément les visiteurs vers d’autres sites choisis par des annonceurs, souvent sans que les visiteurs n’aient besoin de cliquer. Les mécanismes de protection contre la fraude utilisés par les grandes plateformes de parking fournissent involontairement aux cybercriminels des moyens de dissimuler leurs activités. Par ailleurs, des évolutions récentes des politiques de Google semblent avoir accru les risques pour les utilisateurs.
 
Dr Renée Burton, Vice-Présidente d’Infoblox Threat Intel, a déclaré :
« Il y a dix ans, les recherches montraient que les domaines parqués étaient majoritairement inoffensifs et représentaient tout au plus un bruit de fond numérique ». Elle ajoute :  « Aujourd’hui, nos travaux démontrent qu’ils sont devenus presque exclusivement malveillants. La transformation est frappante : ce qui n’était qu’un bruit de fond sur Internet est désormais une menace persistante, omniprésente et largement sous-estimée. »
Ce qu’il faut retenir
  • Le Direct Search est un mécanisme largement détourné par les plateformes, redirigeant les utilisateurs visitant un domaine parqué directement vers des contenus dits « publicitaires ».
  • Très souvent, ces « annonceurs » diffusent en réalité des arnaques et des malwares.
  • L’étude identifie trois grands détenteurs de portefeuilles de domaines (« domainers ») utilisant des tactiques avancées telles que le profilage des visiteurs, l’exploitation de lookalike domains), la collecte d’emails via des fautes de frappe, ou encore les techniques DNS rares comme le Fast Flux. Ces acteurs orientent les utilisateurs soit vers des pages publicitaires anodines, soit directement vers des sites à haut risque.
    Chaque acteur cible des marques et des audiences différentes, rendant la menace large, diffuse et difficile à détecter.
  • La complexité de cet écosystème rend le signalement des abus quasiment impossible.
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