Blue Monday, les téléphones et la technologie pourraient être à la fois le problème et la solution

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Le besoin d’évasion est réel – mais fuyons-nous la réalité en évitant d’utiliser nos gadgets technologiques, ou les utilisons-nous pour nous évader ? Une nouvelle étude de Kaspersky révèle que les deux voies sont régulièrement empruntées, la génération Z étant celle qui ressent le plus ce besoin. Tribune Kaspersky

  • 80 % des personnes interrogées ont pris des mesures pour limiter leur exposition numérique à des réalités bouleversantes ou déprimantes au quotidien.

  • Alors que 42 % des personnes interrogées ont déclaré qu’elles seraient plus enclines à se réfugier sur Internet pour éviter les réalités désagréables ou déprimantes de la vie moderne en 2024, la plupart des personnes interrogées ont déclaré qu’elles seraient, au contraire, plus enclines à y recourir.

  • 32 % des répondants ont activement bloqué ou caché des comptes qui les dérangent sur les réseaux sociaux, 25 % ont désactivé les notifications push sur les sites d’information et 23 % ont mis en sourdine les canaux et groupes de messagerie qui les dérangent. 

  • Le besoin d’échapper à la réalité est plus pressant chez les jeunes générations. 61 % des personnes issues de la génération Z ont déclaré qu’ils prévoyaient de recourir davantage au “digital escapism” (évasion numérique) l’année prochaine (contre 34 % des répondants de la génération X et 24 % des baby-boomers) et 91 % des digital natives ont pris des mesures pour limiter leur exposition aux informations qu’ils estiment dérangeantes (contre 75 % des personnes de la génération X et 65 % des baby-boomers).

Le mois de janvier a toujours été une période de réflexion et de résolutions. Mais avec les longues nuits d’hiver et les festivités derrière nous, l’attente du printemps commence à se faire sentir et le mois peut paraître interminable. Il n’est donc pas étonnant que le mois de janvier soit marqué par le « Blue Monday » (ou lundi bleu), la date la plus déprimante de l’année en raison des conditions météorologiques, du manque d’heures de luminosité et du temps écoulé depuis le dernier jour de paie. Comme dans la plupart des autres domaines de la vie, les gens se tournent vers la technologie pour les aider à surmonter les réalités de la vie quotidienne, non sans questionner le rôle de celle-ci concernant certains des problèmes qu’ils rencontrent.

La nouvelle étude de Kaspersky sur les habitudes numériques des Européens et leurs résolutions pour l’année à venir a montré que ces derniers prennent des résolutions numériques pour le nouvel an afin d’adopter de bonnes pratiques, dans le but de préserver au mieux leur santé mentale en 2024. Ainsi, 12 % des personnes ont annoncé vouloir faire davantage d’efforts pour se rencontrer en personne plutôt qu’en ligne après quatre ans de restrictions COVID. Les Allemands (15 %) et les Espagnols (14 %) accordent davantage d’importance à cette priorité que les Français (10 %). En outre, le fait d’être généralement plus « présent » est la deuxième résolution la plus populaire dans l’ensemble des pays étudiés, 12 % d’entre eux déclarant qu’ils allaient s’engager à ne pas consulter leur téléphone pendant les heures de repas ou les moments passés en famille. Cette promesse a été faite par un nombre proportionnellement plus élevé de répondants en Espagne (14 %) et en Italie (13 %) qu’en France (9 %).

En approfondissant la question de l’impact des habitudes numériques sur la santé mentale, l’étude a également révélé que nous sommes plus nombreux que jamais à prendre des mesures actives pour limiter les notifications invasives et les alertes « toujours actives » en raison de leur impact négatif sur notre état d’esprit. La grande majorité (80 %) d’entre nous a pris des mesures pour limiter l’exposition aux informations déprimantes sur leurs appareils numériques, avec 32 % bloquant les comptes qui les dérangent sur les réseaux sociaux, 25 % désactivant les notifications push sur les sites d’information et 23 % mettant en sourdine les canaux de messagerie et les groupes qui les dérangent. En outre, 22 % d’entre eux sont même allés jusqu’à éviter les émissions d’information à la radio ou à la télévision pour tenter de rester plus heureux. 

L’étude a montré que ce désir est particulièrement fort pour la génération Z, dont plus de 60 % des répondants ont déclaré qu’ils s’attendaient à davantage se réfugier sur internet cette année (contre 34 % de la génération X et 24 % des baby-boomers) et 91 % de ceux de la génération Z ont pris des mesures pour limiter leur exposition à des informations dérangeantes, contre 75 % de la génération X et 65 % des baby-boomers). Aux Pays-Bas et au Royaume-Uni, seul un quart des personnes (25 %) n’ont pris aucune mesure pour éviter d’être exposés à des informations indésirables, contre 16 % en Italie et 17 % en France.

Mais inversement, alors que nous limitons l’infiltration non sollicitée de l’actualité dans nos vies, il semble que nous nous tournons en parallèle de plus en plus vers nos appareils et la technologie pour échapper à la réalité, par le biais des jeux et du web. Quelque 42 % des personnes interrogées ont déclaré qu’elles seraient plus enclines à recourir au “digital escapism” cette année pour fuir leur quotidien. Ils sont plus nombreux que la moyenne à partager cet avis en Espagne (53 %) et au Royaume-Uni (49 %), tandis qu’ils sont moins nombreux à le faire en Allemagne (30 %).

« Il n’est pas surprenant qu’à l’ère du numérique, nous soyons si nombreux à considérer la technologie à la fois comme la solution et comme le problème lorsqu’il s’agit de notre bonheur et de notre satisfaction. Les risques pour la santé mentale associés à l’utilisation constante des réseaux sociaux et au cycle d’information en continu sont documentés depuis longtemps, tout comme les effets potentiels à long terme de l’isolement social, déclenchés par la pandémie de COVID 19. Il est donc réjouissant de voir que les gens prennent des mesures actives pour mieux contrôler leur vie numérique, en étant maîtres de leur vie numérique plutôt que de la subir, en recevant par inadvertance des informations non sollicitées. J’aimerais vraiment que cette tendance se poursuive et que les gens reprennent le contrôle de leur vie en ligne et des informations qu’ils reçoivent et partagent numériquement. La nouvelle année est le moment idéal pour faire un grand ménage de printemps – fermer les comptes inutilisés qui pourraient être compromis, vérifier les mots de passe pour détecter les signes de faiblesse ou de compromission et revoir la façon dont nous interagissons avec les canaux, les applications et les autres internautes, en établissant de nouveaux paramètres et des limites saines », indique David Emm, chercheur principal en sécurité, Kaspersky.