Je me permets de vous écrire afin de vous partager les prédictions de cybersécurité de Mandiant qui met en lumière les grandes tendances qui redéfinissent le paysage de la cybersécurité cette année. Dans son rapport Cybersecurity Forecast 2025, des experts de renoms tels que Sunil Potti, Sandra Joyce, Charles Carmakal et Phil Venables, offrent une vision stratégique pour anticiper les menaces émergentes et adapter les tactiques de défenses face à l’évolution rapide des technologies notamment de l’IA. Tribune.
L’IA au cœur des défis de la cybersécurité
Le rapport anticipe une montée en puissance de l’utilisation de l’IA par les cybercriminels pour renforcer la sophistication et l’ampleur de leurs attaques. Techniques de phishing, usurpations via deepfakes, exploitation des modèles de langage avancés : les adversaires s’approprient ces outils pour optimiser leur impact. Parallèlement, l’IA devient un levier crucial pour les défenseurs, en automatisant la détection des menaces et en optimisant les opérations de sécurité semi-autonomes.
« En 2025, la cybersécurité deviendra une priorité stratégique incontournable pour les entreprises françaises. La pénurie de professionnels qualifiés et l’absence de processus de sécurité bien définis, combinées à l’adoption rapide de l’IA, amplifient les défis liés à la protection des données et des systèmes critiques. Pour relever ces enjeux, les organisations devront s’appuyer sur des cadres robustes, tels que le Secure AI Framework (SAIF) de Google Cloud Security, afin de conjuguer innovation et sécurité. Cette approche proactive sera déterminante pour atténuer les menaces liées à l’IA, renforcer leur posture de sécurité et adopter les technologies émergentes de manière responsable », déclare David Grout, CTO & Senior Presales Director chez Google Cloud Security.
L’évolution de l’IA dans la sécurité
En 2025, la cybersécurité entrera dans une nouvelle ère, portée par des avancées majeures en intelligence artificielle. Après avoir démocratisé l’accès à des outils d’analyse et de traitement des données, l’IA sera désormais au cœur des opérations de sécurité semi-autonomes. Ces systèmes permettront d’automatiser les tâches répétitives, de synthétiser des données complexes et d’optimiser les enquêtes en temps réel.
Les défenseurs bénéficieront d’un soutien accru pour analyser et hiérarchiser les alertes, y compris les faux positifs, garantissant ainsi une gestion plus efficace des priorités et des risques. Ce modèle semi-autonome fera appel à la synergie de l’IA et de l’expertise humaine, offrant un équilibre entre automatisation et intervention humaine pour répondre à des menaces de plus en plus sophistiquées.
En parallèle, l’adoption de l’IA par les RSSI continuera de croître, confirmant son rôle central dans la lutte contre les cybermenaces. Cette évolution prépare le terrain pour des opérations entièrement autonomes dans un avenir proche, où l’IA deviendra une pierre angulaire de la cybersécurité globale.
Des enjeux géopolitiques déterminants
La cybersécurité reste influencée par les tensions internationales. Le rapport met en garde contre l’utilisation accrue du cyberespace par des nations comme la Russie, la Chine, l’Iran et la Corée du Nord pour atteindre leurs objectifs stratégiques, qu’il s’agisse d’espionnage, d’attaques sur des infrastructures critiques ou de campagnes de désinformation.
-
La Russie continuera de se concentrer sur l’Ukraine, en ayant recours au cyberespionnage, aux cyberattaques et aux opérations d’information (IO). Elle utilisera également ces outils pour soutenir ses intérêts, en ciblant principalement les gouvernements, les responsables politiques, la société civile, les médias et les acteurs technologiques.
-
La Chine poursuivra ses investissements dans les cyberattaques, en adoptant des tactiques furtives, en exploitant des vulnérabilités et en menant des opérations d’information (IO).
-
L’Iran se focalisera sur le conflit entre Israël et le Hamas, tout en continuant de soutenir des opérations ciblant les gouvernements et organisations au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.
-
La Corée du Nord maintiendra ses activités de cyberespionnage et de cybercriminalité afin de soutenir ses objectifs géopolitiques et de générer des revenus grâce au vol de cryptomonnaies et à l’usurpation d’identités dans le secteur des technologies de l’information.
Focus sur l’Europe et le Moyen-Orient (EMEA)
En EMEA, l’année 2025 sera marquée par la mise en conformité avec la directive NIS2, imposant des exigences de sécurité renforcées. Les entreprises devront également faire face à des menaces amplifiées par les conflits géopolitiques, tout en priorisant la sécurité dans le cloud face à l’adoption massive de ces technologies.
Prévisions globales
À l’échelle mondiale, on s’attend à une augmentation des extorsions, des ransomwares, des attaques par Infostealer et de l’exploitation des vulnérabilités. Parallèlement, la démocratisation des compétences en cybersécurité permettra l’émergence de nouveaux acteurs malveillants, constituant une menace pour les organisations. En outre, l’adoption croissante du cloud et le développement des cryptomonnaies offriront de nouvelles opportunités aux cybercriminels.





