À l’occasion de la Journée Européenne de la protection des données, un constat s’impose : protéger les données n’est pas une simple fonction IT, c’est une composante stratégique de la résilience opérationnelle.
Tribune par Amine Soussi, Senior Solutions Consultant chez Appian – Depuis l’entrée en vigueur de DORA, les institutions financières l’ont compris : les approches en silos ne suffisent plus. Les équipes de sécurité sont noyées sous des milliers d’alertes quotidiennes, dont 70 % sont des faux positifs, souvent dépourvus de contexte métier.
Le véritable enjeu n’est donc plus de détecter davantage, mais de détecter mieux.
Lorsque la protection des données est considérée comme une obligation de conformité, elle génère un flot d’alertes qui noie les analystes. En revanche, intégrée nativement aux processus métiers, elle bénéficie du contexte nécessaire pour distinguer incidents réels et événements bénins, avec une réduction des faux positifs pouvant atteindre 60 à 80 %.
L’intelligence artificielle et l’automatisation ne sont que des composants bruts, c’est leur intégration au sein d’un cadre de processus structuré qui transforme ces technologies en leviers de performance. Cette synergie permet de franchir trois paliers critiques :
- Pilotage par le risque : Évaluer la dangerosité des menaces en fonction de la criticité de vos actifs et de leur exposition concrète, pour une défense ciblée et efficace.
- Conformité et traçabilité : Garantir un audit complet et transparent de chaque action de sécurité, assurant ainsi une réponse sans faille aux normes réglementaires.
- Agilité Opérationnelle : Déployer une capacité de réponse massive et instantanée pour neutraliser les menaces, même les plus récentes, à l’échelle de toute l’organisation.
La résilience opérationnelle et la protection des données ont cessé d’être de simples enjeux technologiques pour devenir le fruit d’une véritable mutation des processus. Loin d’être des solutions isolées, l’IA et l’automatisation agissent comme des multiplicateurs de valeur dès lors qu’elles s’inscrivent dans un cadre structuré. Elles offrent ainsi la capacité de prioriser les risques par criticité métier, d’assurer une traçabilité totale des interventions et de neutraliser instantanément les menaces émergentes.
Face à des attaquants capables d’exploiter une faille en quelques heures, l’agilité des processus n’est plus un avantage compétitif, c’est un impératif de survie. La performance ne se mesure plus au volume de technologies acquises, mais à la capacité de l’organisation à refondre ses flux opérationnels pour placer la sécurité en leur centre.
Ci-dessous, le commentaire de Roy Horgan, Vice President, Privacy Officer chez Qlik :
« Dans le contexte actuel du développement de l’intelligence artificielle, la protection de la vie privée revêt une importance accrue. Pour être pleinement efficace, toute solution d’IA doit s’appuyer sur des données de haute qualité rigoureusement gouvernées, afin de garantir une mise en œuvre optimale et de préserver la confiance des utilisateurs. Les méthodologies de confidentialité, telles que les évaluations d’impact sur la vie privée et la confidentialité dès la conception (privacy-by-design), garantissent ces éléments, en particulier lorsque des données à caractère personnel sont concernées. Elles assurent une définition claire de la propriété des données, une visibilité précise quant à leur localisation, ainsi qu’un contrôle strict des personnes habilitées à y accéder et à les exploiter.
À mesure que l’IA s’intègre de manière croissante dans les usages quotidiens et gagne en autonomie, ainsi que d’autres approches similaires, telles que les analyses d’impact liées à l’IA, doivent être intégrées dès les premières phases de conception. Il est en effet bien plus efficace et évolutif d’intégrer cette gouvernance au début de chaque projet, plutôt que d’attendre que l’IA soit répandue dans toute l’organisation. La qualité de la mise en œuvre, la confiance des utilisateurs et la capacité de montée en charge deviennent d’autant plus cruciales que des agents d’IA commencent à exécuter des tâches pour le compte des employés et des équipes. La confidentialité, la gouvernance et la transparence constituent la couche de confiance qui rend l’IA fiable à grande échelle. Sans elle, l’adoption peut stagner, la confiance est difficile à gagner et l’impact reste limité. »





