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C’est pas encore la guerre, mais ça commence à sentir la poudre…

Les attaques aux libertés numériques sont légion. En France, on en parle même plus tellement ça devient lassant… et il va falloir tenir encore au moins un an. Le soucis d’aujourd’hui est européen. A croire que la claque qu’a pris ACTA ces derniers mois, loin de calmer certains lobbys, les a incité à opérer en dessous de table. Ce n’est pas franchement une surprise, la méthode est particulièrement courante.

Korben, Numerama,  20Minutes, Owni… ont relayé aujourd’hui la mise en garde de The Pirate Bay à propos du LEWP (Law Enforcement Working Party), un mystérieux groupe travail européen dont le pedigree pourrait bien se situer quelque par entre Muriel Marland-Militello et Bachar El Assad. Ce groupe de travail méconnu, dont on peut raisonnablement se demander pour quel(s) lobby(s) il opère, s’est semble t-il donné pour mission de bâtir pour l’Europe un grand firewall à la chinoise. La blague prend la forme d’un projet de loi. Jacques Myard doit jubiler, lui qui affirmait « les chinois l’ont bien fait » en défendant un projet de nationalisation d’Internet. Il expliquait sans se démonter qu’un copain à lui, lui avait dit qu’il suffisait de mettre des gros ordinateurs. Nous le remercions pour son éclairage technique, là au moins, on sait bien de quoi on parle.

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Ce n’est donc pas le fait qu’un groupe de travail organise la censure du Net au niveau européen qui est inquiétant. On commence à en avoir l’habitude, la croisade du copyright ne doit laisser aucun repos à l’adversaire. Ce qui est inquiétant dans ce projet de loi, c’est le côté « à côté de la plaque » du grand firewall européen qui devrait beaucoup faire rire les hackers chinois. Et bien rions avec nos amis chinois du LEWP est en train de nous spécifier un firewall pour tenter, une fois de plus, d’inventer un nouveau concept de frontières virtuelles.

Au menu, on retrouvera nos outils préférés :

  • Deep packet Inspection à tous les étages pour de la reconnaissance de contenus visant à « dépoluer » Internet des octets impurs que le routeur de service, transformé en douanier, aura identifié comme étant illégaux ;
  • Des filtres basés sur des listes noires qui finiront comme toutes les autres sur Wikileaks ;
  • Du blocage hybride URL/BGP, dit « filtrage à l’Égyptienne » ;

On retrouvera évidemment nos grands copains de la propriété intellectuelle, les associations catholiques intégristes qui prétendent faire de la protection de l’enfance… et bien d’autres. Comme d’habitude, les grands oubliés seront les forces de sécurité que l’on dotera d’outils complètement inadaptés à leurs techniques investigations, on écoutera tout le monde, et ceux qui en auront le plus besoin n’entendront plus personne au milieu de tout ce bruit.

Tout ça pour nous servir une recette qui a démontré dans plusieurs pays une innéfficacité crasse et surtout, des abus innéluctables :

  • On commence par les pédophiles (oui il n’y a qu’en France qu’on commence par les jeux en ligne) ;
  • On enchaîne sur les internautes partageurs ;
  • Puis sur les vendeurs de pilules frelatées qui font grossir le zizi ;
  • Puis sur les jeux en ligne ;
  • Puis on instaure un permis de diffuser des contenus sur Internet (comme pour les vidéos en Italie) ;
  • Puis instaure une taxe sur les volumes de publication pour essayer de financer le très haut débit et surtout les salaires de 80 000 agents assermentés européens qui seront chargés de vérifier manuellement tout l’Internet.
  • Quand ils auront tout bien vérifié, on changera de concept, on passera à un Internet sur liste blanche, c’est à dire où tous les sites hors de Schengen seront interdits, sauf ceux explicitement autorisés par notre guide suprême de la saine pensée européenne.
  • Et en cas de menace venant de l’extérieur (émanant de chinois ou d’un dénommé anonymous), on mettra au point un gros bouton rouge pour couper les Internets.

Bref, vous l’aurez compris, il va y avoir du sport et c’est pas le moment de lâcher ne serait-ce qu’une once de nos libertés à ce projet techniquement crétin, économiquement non viable et surtout ultra liberticide et propice à des abus déjà observés dans d’autres pays.

Ne soyez pas dupes, ce n’est pas de la sécurité que la LEWP est en train de nous vendre, mais bien de la surveillance de masse.

 

Source : Reflets.info

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