Alors que le débat sur l’accès des mineurs aux plateformes numériques s’intensifie en Europe, la Commission européenne vient de franchir une nouvelle étape avec la présentation de l’EU Kids Act.
Tribune Kaspersky – Conçu pour renforcer la sécurité des enfants sur Internet, ce projet de loi prévoit d’imposer de nouvelles obligations aux réseaux sociaux et fournisseurs de services en ligne, allant bien au-delà du simple contrôle de l’âge.
En France, où la question de la majorité numérique à 15 ans fait débat, à l’instar d’initiatives similaires au Royaume-Uni, en Norvège ou en Australie, les restrictions d’accès se multiplient. Cependant, Kaspersky rappelle que les limites d’âge ne peuvent à elles seules résoudre l’ensemble des risques numériques. Si restreindre l’accès réduit l’exposition à certaines plateformes, cela ne donne pas aux jeunes les compétences nécessaires pour détecter et affronter les menaces en ligne.
Pour garantir une réelle sécurité, Kaspersky préconise une approche globale combinant réglementation, technologies sûres, éducation et sensibilisation au numérique.
Ces mesures soulèvent toutefois de nombreuses interrogations. D’une part, de quelle manière les plateformes peuvent-elles vérifier efficacement l’âge des utilisateurs sans amasser des données personnelles susceptibles de nuire à la vie privée des enfants ? Par quels moyens les régulateurs peuvent-ils prévenir le contournement des restrictions par les mineurs, comme la saisie d’informations inexactes ?
La sécurité en ligne ne peut reposer sur de simples restrictions d’accès. Elle exige une mobilisation conjointe des pouvoirs publics, des acteurs technologiques, du monde éducatif et des familles :
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Les gouvernements et régulateurs doivent fixer des règles claires et contraignantes, imposer des normes adaptées à l’âge des utilisateurs et exiger une réelle transparence de la part des plateformes. Leur rôle est aussi de financer l’éducation au numérique et d’offrir des ressources fiables aux familles via des services publics dédiés.
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Les entreprises de la tech et les plateformes ont l’obligation d’intégrer la sécurité et la confidentialité dès la conception de leurs produits (safety and privacy by design). Cela passe par des paramètres de protection configurés par défaut selon l’âge, des outils de modération et de signalement efficaces, ainsi qu’une totale clarté sur la collecte des données des mineurs. Les acteurs de la cybersécurité apportent quant à eux leur expertise pour identifier les menaces émergentes.
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Les écoles et le corps enseignant jouent un rôle pivot pour transmettre aux élèves une vraie hygiène informatique : protection de la vie privée, détection des arnaques et des manipulations, gestion de l’empreinte numérique et réflexes face au danger. Elles doivent également guider les parents pour prolonger cet apprentissage à la maison.
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Les parents et tuteurs créent un cadre sécurisant au quotidien en instaurant un dialogue ouvert, en fixant des règles adaptées et en s’appuyant sur des outils de contrôle parental. L’objectif est d’aider les jeunes à adopter des réflexes sains et de privilégier l’accompagnement à la punition systématique en cas d’incident.
« Le défi ne consiste pas seulement à décider quand les enfants doivent accéder aux plateformes numériques, mais aussi à s’assurer que lorsqu’ils le font, ils disposent des connaissances, des outils et du soutien nécessaires pour les utiliser en toute sécurité. La création d’un espace numérique sécurisé pour les enfants exige la convergence d’une réglementation renforcée, d’innovations technologiques et d’initiatives éducatives, unissant des cadres politiques responsables, des plateformes fiables, des familles éclairées et des utilisateurs aguerris. », a déclaré Andrey Sidenko, responsable des projets de sensibilisation à la cybersécurité chez Kaspersky.


