Le 11 juin prochain, tous les regards se tourneront vers les États-Unis, le Canada et le Mexique, hôtes de l’édition 2026 de la Coupe du monde de football. Néanmoins, certains de ces regards seront ceux de cybercriminels, qui tenteront de profiter de l’atmosphère festive pour mener à bien leurs sombres desseins. Les années passant, les grands événements sportifs internationaux attirent les convoitises, comme souligné par l’ANSSI lors des Jeux de Paris en 2024.
Tribune – Paolo Passeri, Cyber Intelligence Principal chez Netskope, rappelle l’importance de maintenir une infrastructure de cybersécurité forte, particulièrement lors de ces occasions exceptionnelles, qui affectent les paramètres du fonctionnement quotidien :
« Par nature, les grands événements sportifs entraînent des niveaux d’activités équivalents à leur ampleur. Le flux d’information en circulation augmente exponentiellement, tout comme la quantité de transactions financières. Ces deux aspects représentent autant de fortes incitations pour les cybercriminels de tenter de les détourner pour leur gain personnel. Similairement, ces événements attirant une énorme attention médiatique, ils peuvent y voir une opportunité de se mettre en avant en volant le spotlight aux sportifs participants, un risque accentué par la situation géopolitique actuelle. En effet, les hacktivistes pourraient saisir l’opportunité d’un événement médiatique d’une telle ampleur pour attirer l’attention sur leurs causes.
Additionnellement, l’enjeu d’infrastructures de cybersécurité forte augmente compte tenu du lien entre cybersécurité et sécurité physique. En effet, la seconde dépend grandement de la première, et une offensive réussie peut facilement rendre des mesures de défense physique inefficaces. Un système de contrôle d’accès à un stade mis en échec par une cyberattaque impacte la sécurité de tous, à l’intérieur comme à l’extérieur. Une collaboration efficace entre professionnels de la cybersécurité et de la sécurité physique constitue la clé de voûte d’une structure de défense solide.
Les spectateurs et participants externes à ces événements de grandes ampleurs jouent également un rôle déterminant. Ils doivent en prendre conscience, et adopter un comportement responsable, notamment pour se protéger des chaînes d’attaque pouvant les impliquer. En procédant avec prudence, ils réduisent les risques d’intrusion de malwares et de leur diffusion par des cybercriminels. Pour eux, cela semble facilement peu, mais ils empêchent ainsi la perturbation du réseau de la compétition, par lequel les acteurs cherchent fréquemment à s’infiltrer, et assurent le bon déroulement de la compétition.
Enfin, l’omniprésence de l’intelligence artificielle amplifie grandement l’intégralité de ces risques, notamment en permettant aux cybercriminels de détecter les faiblesses et les vulnérabilités plus facilement mais aussi de créer des campagnes toujours plus sophistiquées. Ainsi, les entreprises doivent elles aussi exploiter l’IA, en l’intégrant dans des outils de sécurité adaptés, mais aussi en adoptant une approche zero trust, essentielle pour renforcer la protection globale des infrastructures. »





