Accompagner les dirigeants de TPE-PME dans la lutte contre la fraude financière

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Le rapport annuel publié en début d’année par l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (Anssi) indique que les TPE et PME ressortent comme des cibles privilégiées pour les cybercriminels. Une autre étude publiée fin 2022 par l’Ifop a d’ailleurs mis en avant que 69 % des TPE-PME interrogées ne pensent pas que leur entreprise puisse être une cible potentielle de cyberattaques et 89 % s’estiment suffisamment protégées. Alors que la digitalisation des entreprises s’est accélérée, il devient urgent d’accompagner les plus petites structures afin de leur permettre de se protéger au même titre que les grandes entreprises.

Neila Choukri, fondatrice et CEO de Kolecto, rappelle que l’écosystème français des entreprises repose en majeure partie sur les TPE-PME, dont le nombre s’élevait à plus de 146 000 en 2020 selon les dernières statistiques de l’INSEE. C’est pourquoi, les dirigeants de ce secteur pourvoyeur d’emplois doivent être mieux accompagnés afin de prévenir les risques de fraudes financières qui figurent parmi les principales menaces susceptibles de les cibler.

« Lancer une entreprise implique la gestion de nombreux enjeux, avec généralement très peu de ressources humaines à disposition. De fait, les questions de sécurité au sens général, si elles sont abordées, ne figurent pas nécessairement en tête des priorités, ou du moins, pas dans leur ensemble. C’est particulièrement le cas si l’entreprise n’est pas spécialisée dans le domaine ; soit une majorité des entreprises actuelles – lesquelles, selon l’Ifop s’estiment suffisamment informées et protégées contre les risques. Un décalage de perception qui rappelle que malgré les campagnes de sensibilisation, il reste encore du chemin à parcourir pour éduquer les néophytes sur ce sujet. Mais plus que tout, il est essentiel d’accompagner ces entreprises et de faciliter leur quotidien pour qu’elles ne soient plus des cibles de premiers choix.

Dès lors qu’il y a des enjeux financiers, la possibilité d’attaques et de fraudes doit être envisagée. Or, bon nombre de ces structures ne disposent pas de suffisamment de temps, du recul ou encore des ressources nécessaires pour se concentrer sur ces questions. Elles se retrouvent alors en situation de réactivité, plutôt que de proactivité. Souvent, il est trop tard et les dégâts peuvent mettre en péril l’avenir de la structure et de ses employés. Face à ce constat, et au regard des évolutions réglementaires constantes, faire appel à un tiers, un facilitateur, permettrait de rendre de la sérénité aux dirigeants pour gérer les enjeux émergents liés à la digitalisation – et notamment à l’échéance à venir de l’entrée en vigueur de la dématérialisation des factures, en juillet 2024.

Cette transition peut en effet représenter une opportunité pour les cybercriminels qui profiteront d’une période de changements et d’incertitudes pour perpétrer davantage de fraudes financières ou des attaques ransomware. Par exemple, le passage de la facturation papier à l’e-facture, sans un outil sécurisé et éprouvé en place, peut conduire à de la perte d’information, laquelle peut se retrouver entre de mauvaises mains entre de mauvaises mains, voire engendrer un doublon de paiement ou même une fraude.

Dans ce contexte, et dans un esprit de prévenir, plutôt que guérir, les entreprises qui seront accompagnées pourront bénéficier de nombreux avantages, dont une meilleure appréhension de la charge mentale inhérente à la gestion quotidienne d’une entreprise et la réduction des risques d’erreurs humaines. Ainsi, il est essentiel que les notions de sécurité et de prévention des fraudes soient intégrées à l’élaboration des outils de gestion déployés par les entreprises, car les dirigeants de TPE-PME n’auront ni le temps de mettre en place des processus complexes, ni les moyens de piloter des solutions coûteuses spécialisées à cet effet.

Les TPE et les PME font face à de multiples défis tout au long de leur cycle de vie. De l’établissement d’un business plan aux demandes de prêts et de subventions, en passant par le recrutement, la gestion financière, ou encore l’acquisition et la fidélisation de nouveaux clients, la liste est longue. Face à cette complexité et afin de leur permettre de se concentrer sur leur cœur de métier, un accompagnement personnalisé et des outils automatisés adaptés à leur réalité permettront aux dirigeants de TPE-PME de bénéficier d’une meilleure gestion, d’une meilleure attention et donc d’une meilleure vigilance. En d’autres termes, ils tendront vers un cercle vertueux de la bonne gestion financière. Aujourd’hui plus que jamais, la question ne doit plus être “si” une entreprise sera victime d’une fraude ou d’une cyberattaque mais “quand”. Cette approche proactive de la gestion des risques permettra de redistribuer les cartes et de redonner le contrôle aux dirigeants. »

Tribune par Neila Choukri, fondatrice et CEO de Kolecto