Les plateformes publicitaires sont-elles toutes fiables ? Une étude d’Infoblox Threat Intel révèle l’ampleur d’un réseau malveillant et les liens inquiétants entre certaines sociétés AdTech et des acteurs douteux.
Tribune – Infoblox Threat Intel dévoile « Vane Viper », un acteur malveillant se faisant passer pour une entreprise légitime. Ce groupe orchestre des escroqueries et diffuse des malwares via ses programmes de publicité affiliés, tout en agissant lui-même comme distributeur de logiciels malveillants.
Suivi depuis plus de trois ans, Vane Viper est détecté dans près de la moitié des réseaux analyséset possède plusieurs domaines parmi les 10 000 premiers au niveau mondial, dont un dans le top 1 000 selon Tranco. Derrière ce nom se cache AdTech Holding, maison mère de PropellerAds, qui exploite des sites compromis et des publicités trompeuses pour diffuser des malwares et mener des campagnes de fraude numérique. Infoblox apporte pour la première fois des preuves concrètes sur l’intégrité douteuse de la plateforme.
Le mode opératoire de Vane Viper est sophistiqué, combinant notifications push frauduleuses, exploitation de sites compromis via son système de distribution de trafic (TDS), campagnes de phishing et structures de propriété opaques. À cela s’ajoutent des connexions avec des infrastructures déjà impliquées dans des campagnes de désinformation et de fraude numérique, renforçant l’ampleur de la menace.
Renée Burton, vice-présidente de Threat Intel, a déclaré :
« Nos recherches montrent de plus en plus que les cybercriminels ne se contentent pas d’exploiter les plateformes AdTech. Dans certains cas, ils en sont eux-mêmes les propriétaires ». Elle ajoute : « Autrefois, nous pensions que le cybercrime se développait dans les zones obscures d’Internet. En réalité, de nombreux acteurs malveillants opèrent au grand jour, en s’appuyant sur un vernis d’opérations commerciales pour maintenir une “dénégation plausible”. Vane Viper fait partie des opérateurs TDS de grande envergure que nous surveillons, tous apparus autour de 2015 et qui semblent être contrôlés par la diaspora russe en Europe et à Chypre. »
Ce qu’il faut retenir :
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Présence massive : Vane Viper est détecté dans près de la moitié des réseaux analysés, avec plus d’un trillion de requêtes DNS enregistrées en un an.
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Mode opératoire : Le groupe exploite PropellerAds et d’autres filiales d’AdTech Holding pour diffuser sites compromis, publicités trompeuses, malwares, campagnes de phishing et fraudes publicitaires.
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Stratégie d’opacité : Des structures de propriété complexes offrent à Vane Viper un écran de « dénégation plausible », le protégeant de toute responsabilité directe.
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Connexions troublantes : L’infrastructure recoupe celle de Webzilla/XBT Holdings, associée à la fraude Methbot, à des campagnes de désinformation et à des plateformes de piratage.
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Techniques avancées : Le groupe abuse des notifications push, des systèmes de distribution de trafic (TDS) et recourt à des méthodes de dissimulation pour éviter la détection.
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Écosystème tentaculaire : Plus de 60 000 domaines, certains très éphémères, d’autres actifs plus de 1 200 jours.
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Réseaux à risque : Liens avec des oligarques russes, des fraudeurs condamnés et des plateformes pour adultes, renforçant l’ampleur et la dangerosité de l’opération.
L’étude illustre comment des acteurs malveillants utilisent l’AdTech pour cibler les internautes, mettant la rentabilité avant la sécurité. Vane Viper expose les risques d’une croissance publicitaire incontrôlée pour la cybersécurité mondiale.
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