Modernisation du mainframe : une trajectoire, pas une rupture

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La pression sur les infrastructures existantes n’a jamais été aussi forte. D’un côté, les entreprises doivent absorber des volumes croissants de données transactionnelles. De l’autre, elles cherchent à intégrer des technologies récentes sans compromettre la stabilité de leurs opérations. Les mainframes, souvent perçus comme anciens, se retrouvent aujourd’hui au cœur de cette tension.

Tribune par Phil Buckellew, President Infrastructure Modernization Business Unit chez Rocket Software – Selon le rapport IBM, « L’économie numérique évolue à un rythme sans précédent, les mainframes traitant 70 % des charges de travail transactionnelles mondiales et l’IA traitant jusqu’à 30000 transactions par seconde. » De ce fait, ils deviennent progressivement le pivot de la transformation numérique, permettant aux entreprises de sécuriser leur succès commercial et de cultiver un avantage concurrentiel durable.

En effet, pour s’engager efficacement dans la modernisation, les entreprises doivent définir une stratégie claire alignée sur leurs ambitions commerciales – qu’il s’agisse de leadership ou de redéfinition de marché. Cette transformation digitale, directement corrélée à l’amélioration des résultats, a ainsi continuellement façonné l’écosystème technologique.

Selon Phil Buckellew, President Infrastructure Modernization Business Unit chez Rocket Software, le processus de modernisation du marché mainframe est un avantage pour le futur : 

« Tout d’abord, il est important de redéfinir ce que recouvre réellement la modernisation du mainframe. Longtemps perçue comme un processus lent et obsolète, elle ne reflète plus la réalité actuelle. Aujourd’hui, elle peut être réalisée directement sur le mainframe, en y intégrant de nouvelles solutions, telles que l’IA et le ML, ou en adoptant des capacités open source. Elle s’étend également à l’ouverture vers des architectures hybrides pour les entreprises souhaitant diversifier leur infrastructure et gagner en agilité, notamment grâce au cloud. 

Dans cette dynamique de transformation, les solutions de modernisation visent désormais une transition fluide, sans rupture opérationnelle. Elles s’appuient sur une expertise capable de piloter chaque étape avec précision. Pour autant, il n’existe pas de parcours uniforme. En effet, les entreprises progressent à rythme qui lui est propre, dépendant de leurs contraintes techniques et stratégiques : certaines sont déjà engagées dans des phases avancées, alors que d’autres entament à peine l’analyse de leur socle technique. De plus, le parcours de modernisation du mainframe n’est pas un projet ponctuel et isolé mais plutôt un projet omniprésent directement lié à la pérennité et à la réussite de l’entreprise sur le long terme. Cette réalité, marquée par la diversité des situations rencontrées, impose le recours à des solutions modulables et à un accompagnement personnalisé.

Moderniser ne signifie pas abandonner les systèmes qui ont fait leurs preuves. Bien que certains envisagent le remplacement comme unique voie de modernisation, une transition efficace est plus nuancée. Des systèmes comme le mainframe ont démontré leur robustesse et leur efficacité sur le long terme, continuant de jouer un rôle clé dans de nombreux secteurs, qu’il s’agisse du traitement de transactions financières, de la gestion de chaînes d’approvisionnement complexes ou de l’accès aux informations pour les consommateurs. Il est donc judicieux de tirer parti des investissements passés dans le système informatique, plutôt que de les substituer systématiquement. 

Enfin, la complexité de la modernisation de systèmes essentiels tels que le mainframe nécessite plus que de simples outils ; elle requiert une expertise qui dépasse la simple implémentation technique. Il est fondamental de comprendre le fonctionnement intrinsèque des systèmes et les besoins spécifiques de ceux qui les exploitent pour mener à bien une telle transformation. »