Les PME Françaises freinent leurs investissements dans la tech malgré de bons résultats financiers

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Sage vient de révéler les résultats de son étude « Small Business, Big Opportunity » réalisée auprès de 12 000 chefs de PME (dont 1 200 en France). Cette étude porte sur l’optimisme des PME quant à l’avenir de leur entreprise et leur volonté à investir dans les nouvelles technologies, notamment dans le contexte de l’inflation et du post-covid.

Communiqué – Les entreprises de l’Hexagone sont les moins réceptives quant à l’adoption de nouvelles technologies comparé à la moyenne mondiale, avec seulement 42% d’entre elles prévoyant une augmentation de leurs investissements dans les technologies émergentes (5G, l’IA, le Metaverse, etc.) au cours des 12 prochains mois.

Ce rapport montre aussi la relation entre les investissements dans la tech et le niveau de confiance des entreprises. A l’échelle mondiale, l’adoption des nouvelles technologies (84 %) et le recrutement de personnel (67 %) figurent parmi les adaptations qui ont permis aux entreprises d’accroître significativement leur niveau de confiance.

Les PME françaises restent les plus pragmatiques de l’échantillon : 11% ne sont pas satisfaites de leur productivité, contre 7% à l’échelle mondiale. Paradoxalement, elles souhaitent être plus productives tout en réduisant leurs investissements dans la technologie.

Face à cette prudence, Sage appelle les gouvernements à s’emparer davantage du sujet de la digitalisation et à accompagner les PME dès à présent pour que cette transition devienne un levier d’optimise et de performance.

L’enquête annuelle de Sage menée auprès de quasiment 12 000 chefs d’entreprise dans le monde – “Small Business, Big Opportunity” – révèle que :

  • Les PME françaises sont de moins en moins optimistes pour le futur, alors qu’elles ont de bonnes raisons de l’être. Leur viabilité et rentabilité sont supérieures à celles des PME du monde entier.
  • Près de 3 PME françaises sur 4 manquent de confiance en leur capacité à développer leur activité à cause de l’inflation, contre 65% au niveau mondial.
  • Moins de la moitié des PME de l’Hexagone prévoient une augmentation de leurs investissements dans les technologies, contre 53% dans le monde.
  • Sage appelle les gouvernements à s’emparer davantage du sujet de la digitalisation et à accompagner les PME dès à présent pour que cette transition devienne un levier de performance.

Pourtant, en France, les entreprises manquent de confiance et sont moins optimistes que leurs voisines, malgré de bons résultats.

L’optimisme mondial, le pragmatisme national

A l’échelle mondiale, 84 % des décideurs commerciaux sont convaincus que leur entreprise développera son activité ces 12 prochains mois, contre 69 % l’année précédente. Alors que la croissance réelle du chiffre d’affaires des PME en 2022 était de 2,4 %, leurs prévisions en 2023 s’élèvent à 7,2 %. 

A l’instar de la situation outre-manche, où l’inflation a eu un impact significatif sur les PME britanniques, un peu plus fort que les moyennes mondiales, mais où le moral reste au beau fixe. Pourtant, 40 % des PME britanniques ont déclaré que leurs coûts avaient augmenté de plus de 10 %, contre 36 % au niveau mondial. Mais ce chiffre tombe à 29 % pour ce qui est des prévisions pour l’année suivante – une chute beaucoup plus importante (11 points de pourcentage) que la moyenne mondiale (36 % à 29 %, soit une chute de 7 points).

Les PME britanniques sont les plus confiantes de tous les pays interrogés en ce qui concerne la réussite de leur entreprise dans les 12 mois à venir : 40 % d’entre elles prévoient qu’elles seront “très confiantes” dans la réussite de leur entreprise dans les 12 mois à venir, contre 34 % au niveau mondial.

C’est exactement l’inverse pour les PME françaises qui, elles, se confrontent à un manque de confiance dans leur capacité à se développer. Elles sont en réalité les moins optimistes parmi l’ensemble des zones interrogées : seulement 20% d’entre elles ont déclaré être “très confiantes” il y a 1 an, et 30% être “très confiantes” dans leur réussite au cours des 12 prochains mois (contre respectivement 27% et 34% dans le monde).

Près de 3 PME françaises sur 4 (74%) estiment que les coûts de l’inflation pèsent sur leurs perspectives d’évolution, contre 65% à l’échelle mondiale. 37% ont déclaré que la hausse des coûts était le plus grand défi auquel elles ont été confrontées au cours des 12 derniers mois.

La résilience de la « Génération Covid » : les PME françaises pourtant mieux armées face à l’inflation

Les PME françaises sont de moins en moins optimistes pour le futur, alors qu’elles ont de bonnes raisons de l’être. Leur viabilité et rentabilité sont supérieures à celles des PME du monde entier.

Un nombre important (19 %) de PME dans le monde a déclaré que la hausse des coûts avait eu un impact sur la viabilité de leur entreprise. Pourtant, les PME françaises (15 %) ont été les moins concernées par cette affirmation, bien qu’elles aient attribué la responsabilité de la mauvaise performance de leur entreprise à des coûts élevés. Dans le même ordre, la hausse des coûts a eu un impact moins préjudiciable sur la rentabilité des PME françaises que sur celle des autres PME au niveau mondial ; 42 % des PME françaises déclarent que la hausse des coûts n’a eu qu’un impact mineur sur leur rentabilité, contre 34 % au niveau mondial.

La résilience des entreprises est probablement l’une des clés de leur réussite. L’enquête a révélé que la “Génération COVID” (les entreprises créées pendant la pandémie, entre 2020 et 2022) affiche des performances supérieures à la moyenne en ce qui concerne la croissance du chiffre d’affaires et de l’emploi, ainsi que la gestion des coûts. A l’échelle mondiale, la croissance réelle du chiffre d’affaires déclaré par les PME en 2022 était de 2,4 %, contre 4,5 % pour la “Génération COVID”. En effet, ces entreprises investissent davantage dans les technologies et accélèrent leurs investissements technologiques (+25 % en glissement annuel) par rapport aux PME moyennes (+16 % en glissement annuel).  

« L’année dernière, l’Europe n’a pas échappé aux défis économiques : inflation élevée, crises énergétiques et retombées de l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Le fait que les PME françaises soient de moins en moins optimistes quant à leurs perspectives ne reflète pas leurs bons résultats économiques, supérieurs à ceux observés dans le monde. La contribution unique des PME en France et en Europe ne doit pas être négligée. Les législateurs européens doivent apporter un soutien continu aux PME pour qu’elles puissent innover et se développer tout en atteignant un niveau élémentaire de maturité numérique. Une approche pro-technologie et pro-entreprise n’a jamais été aussi importante » a déclaré Derk Bleeker, Président Sage EMEA.

France : la prudence freine l’adoption des nouvelles technologies

A l’échelle mondiale, l’adoption des nouvelles technologies (84 %) et le recrutement de personnel (67 %) figurent parmi les adaptations qui ont permis aux entreprises d’accroître significativement leur niveau de confiance. En outre, elles déclarent massivement être satisfaites de leur productivité à hauteur de 72 % (contre 68 % en 2022), à l’image du Royaume-Uni.

Les PME françaises restent les plus pragmatiques de l’échantillon : 11% ne sont pas satisfaites de leur productivité, contre 7% à l’échelle mondiale. Paradoxalement, elles souhaitent être plus productives tout en réduisant leurs investissements dans la technologie.

La France est reconnue pour son succès dans le secteur technologique avec notamment la montée en puissance de plusieurs licornes. Ce succès est en partie dû à sa position de force motrice dans le projet “décennie numérique” de l’Union Européenne, qui vise à accélérer le développement du secteur technologique et créer des conditions de concurrence plus équitables pour toutes les entreprises de l’UE. Par exemple, d’ici 2028, elles sont attendues d’investir dans les projets tels que la facturation électronique de toutes les transactions intracommunautaires.

Pourtant, les PME de l’Hexagone sont les moins réceptives quant à l’adoption de nouvelles technologies. Elles ne sont que 16% à déclarer vouloir adopter ces dernières pour mieux fonctionner et 14% pour améliorer leurs ventes. En ce qui concerne l’avenir, seules 42 % des PME françaises prévoient une augmentation de leurs investissements dans les technologies émergentes (5G, l’IA, le Metaverse, etc.) au cours des 12 prochains mois, contre 53 % au niveau mondial.

Une dissonance très claire avec nos voisins britanniques : 92 % des entreprises interrogées outre-manche souhaitent maintenir leurs investissements technologiques en 2023, la moitié d’entre eux souhaitant accélérer l’adoption des outils technologiques (50 %). « Malgré le dynamisme de nombreuses licornes en France dans la fintech notamment, qui place la France parmi les pays les plus attractif en Europe, nous constatons à l’inverse une réalité qui frappe les petites et moyennes entreprises. Face à la conjoncture, leur prudence dans les investissements peut se traduire par un ralentissement dans leur transformation digitale. L’écoute et la proximité que Sage et ses partenaires accordent à leurs clients sont clés pour répondre à leurs interrogations dans ce contexte particulier. » conclut Arnaud Petit, Président de Sage France et Europe du Sud en intérim.

Sage, en partenariat avec Strand Partners, a mené une enquête en ligne auprès de 11 986 chefs d’entreprise de PME en février 2023. Les marchés inclus dans cette étude sont le Canada, la France, l’Allemagne, l’Irlande, le Portugal, l’Espagne, l’Afrique du Sud, le Royaume-Uni et les États-Unis. Sur chaque marché, à l’exception des États-Unis (où un échantillon spécifique a été inclus pour les entreprises employant de 250 à 500 personnes en raison d’une définition officielle différente de la PME), les décideurs des entreprises employant moins de 250 personnes ont été ciblés. 

Pour télécharger le rapport d’étude complet, rendez-vous sur https://www.sage.com/en-gb/company/digital-newsroom/2023/05/05/small-business-big-opportunity/

L’échantillon comprend une gamme variée de décideurs de PME dans le monde entier, la taille de l’échantillon pour chaque marché étant la suivante :

Pays

Taille de l’échantillon

Canada

1,200

France

1,221

Allemagne

1,068

Irlande

1,067

Portugal

1,032

Espagne

1,002

Afrique du Sud

1,111

Royaume Uni

2,138

Etats Unis

2,147