Si la dépense informatique mondiale a augmenté d’environ 10% sur l’année passée (atteignant environ 5,61 trillions de dollars cette année selon Gartner), les équipes IT sont, elles, enjointes à la frugalité.
Tribune par Uwe Geuss, CTO, Retarus – Parmi les dépenses les plus critiquées, l’infrastructure cloud est l’objet de la tendance dénommée “cloud repatriation”, du fait de son coût exponentiel. En effet, pour 84% des entreprises, la dépense liée au cloud est un défi et nombre d’entre elles envisagent la possibilité d’un retour à des architectures traditionnelles et on premise, perçues comme plus économiques.
De surcroît, la menace de perte de souveraineté des données au profit du Cloud Act américain a consolidé la circonspection concernant les principaux prestataires de services cloud, qui ne sont pas européens. Néanmoins, seule une jauge lucide et éclairée des risques et surcoût potentiels d’un rapatriement permettra aux DSI de prendre une bonne décision pour le long-terme.
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Des coûts à bien anticiper
Un retour complet au système on-premises peut se révéler onéreux du fait de dépenses non prises en compte en amont ou sous-estimées : investissement pour du nouveau matériel, infrastructure, personnel spécialisé, dépenses opérationnelles majeures… Quitter le cloud signifie également mettre fin à une gestion des coûts d’exploitation et de maintenance maitrisée offerte par les prestataires cloud.
Quant au processus de migration, il est lui-même potentiellement coûteux et dérangeant car les transferts de données, les frais de mise en conformité et les potentiels temps d’arrêt sont susceptibles d’engendrer une diminution des revenus. Et pour cause, en 2024, les trois quarts des projets de rapatriement cloud n’ont pas permis de faire les économies espérées tant leur complexité a été sous-estimée.
Un rapatriement oblige les entreprises à une dépense conséquente et de long terme, devant maintenir en sécurité et en conformité une infrastructure qui sera vieillissante à l’avenir.
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Une prise de distance avec l’élan d’innovation
Se détourner de l’informatique cloud équivaut à renoncer à ses services à haute disponibilité, qui rendent possible d’effectuer des opérations fiables et fluides, pour courir des risques de ralentissements voire de pannes, dont les conséquences peuvent causer des coûts ultérieurs.
Idem concernant la conformité et la sécurité. Les prestataires cloud facilitent des processus de sécurisation et de maintien des certifications qui seraient autrement beaucoup plus chers et que les entreprises nécessitent pour opérer dans des secteurs très réglementés. Aussi, la mise en place de cadres sécurisés solides sur lesquels les entreprises peuvent s’appuyer pour éviter les failles, sont un immense atout.
Toutefois, la faiblesse principale d’un rapatriement vers une infrastructure traditionnelle réside dans la prise de distance de l’élan d’innovation que comporte l’informatique cloud. Déploiement de modèles d’IA, intégration d’API tierces… nombreux sont les outils conçus pour le cloud qui permettent de bénéficier de son évolutivité. Après plus de dix ans de fonctionnement dans des environnements natifs, revenir à des systèmes on premises freinerait l’élan d’innovation et causerait une pénurie de main d’œuvre spécialisée en informatique traditionnelle.
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Vers un équilibre entre cloud et on premises
Les DSI et les équipes IT expérimentées sont conscients qu’une approche bimodale peut représenter une solution équilibrée, permettant aux équipes de répartir des charges de travail dans les environnements où elles ont le plus de sens tout en réduisant la dépense.
Certaines organisations redoutent, à juste titre, les risques de transferts de données hors du territoire européen si elles ont recours à des prestataires cloud, puisque les géants du secteur sont étrangers. Néanmoins, des fournisseurs de services cloud 100% européens, certifiés ISO 27001, indépendants et ayant leurs datacenters dans l’UE existent et constituent une excellente alternative aux hyperscalers.
Par ailleurs, la migration vers le cloud est très fréquente, notamment pour ce qui est des services de messagerie, car les organisations en connaissent les avantages. L’infrastructure cloud propose la disponibilité et la fiabilité nécessaires pour gérer des gros volumes de messages pendant les périodes de pointe et les prestataires offrent une pluralité de certifications garantissant la conformité des entreprises. Aussi, les fournisseurs européens excellent dans la gestion des messageries en environnements complexes et dans la sécurisation des messageries cloud.
Certes, les deux typologies d’infrastructures, cloud et sur site, ont leurs avantages et leurs inconvénients. Aucune n’est parfaite ni mauvaise, mais la tendance au cloud repatriation relève avant tout d’une démarche expérimentale et actuelle de l’informatique d’entreprise afin que chacune trouve l’équilibre qui lui convient le mieux.





