Cloud européen : quelle est la portée des annonces de la Commission sur l’IPCEI CIS ?

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L’approbation hier par la Commission Européenne d’un projet important d’intérêt européen commun (IPCEI), baptisé IPCEI Next Generation Cloud Infrastructure and Services (IPCEI CIS) est une avancée notable dans la construction d’un marché de la technologie dynamique et durable.

Tribune Cohesity – Si certaines questions restent encore en suspens, par exemple sur la façon dont les fonds alloués seront investis, l’initiative est une étape importante et un nouveau pas vers la réduction de la fragmentation européenne, y compris en termes d’innovation. Au-delà de l’infrastructure, pointe aussi à l’horizon le débat autour de la gouvernance des données.

L’IPCEI est le prochain grand projet de cloud piloté par l’UE, le dernier étant GAIA-X dans lequel les Européens souhaitaient établir une infrastructure fédérée et sécurisée. Ce projet a été proposé en 2019 et poursuit sa mise en place.

D’un point de vue technique, nous voyons deux types d’infrastructures en cloud qui se construisent selon des normes convenues. La complexité réside dans le fait qu’elles seront conçues selon un ensemble de normes très précises, de sorte que de nombreuses entreprises devront ajuster leurs propres normes pour répondre à ce critère pour leurs déploiements qualifiés GAIA-X et IPCEI à venir.

Il sera intéressant de voir comment GAIA-X et IPCEI interagiront techniquement et quels principes de conception seront appliqués. Gaia-X est un cloud dans le cloud conçu pour garantir le respect des lois et réglementations européennes en matière de partage des données, afin d’assurer la souveraineté numérique. Il pourrait résoudre de nombreux problèmes liés à l’échange de données avec des environnements basés sur l’IPCEI, car il permet aux organisations de partager des données en interne et en externe entre des bureaux et des infrastructures en cloud situés dans différents pays européens et même avec des bureaux situés en dehors de l’Europe.

Prenons l’impact du Brexit sur les institutions financières britanniques qui ont quitté Londres pour Dublin ou Francfort en raison des réglementations sur les données : Gaia-X aurait permis un partage de données transfrontalier conforme sans qu’elles aient besoin de déplacer leur siège. L’IPCEI pourrait fournir les mêmes résultats en utilisant des fournisseurs de services locaux dans la région, plutôt que des hyperscalers.

Jean Baptiste Grandvallet, Ingénieur Système EMEA chez Cohesity, déclare :

« Avec ce projet initial de mise en œuvre d’une infrastructure de référence open source, on assiste à une tentative de créer un standard qui pourrait devenir la base de l’innovation pour les États membres et les entreprises des secteurs publics et privés. Une fois cette étape essentielle franchie, il sera possible pour les organisations européennes d’offrir des services respectueux des citoyens et de leurs données, conformes aux réglementations, avec une gouvernance tenant compte des spécificités locales et de la protection des données, tout en soutenant le potentiel d’innovation de l’industrie numérique et son rôle dans le développement économique de nos sociétés. »

 *Pour rappel, le plan IPCEI CIS implique 19 entreprises, dont Atos et Orange, et sept Etats membres : France, Allemagne, Hongrie, Italie, Pays-Bas, Pologne et Espagne. Les États membres participants fourniront jusqu’à 1,2 milliard d’euros de financement public, ce qui devrait permettre de débloquer 1,4 milliard d’euros d’investissements privés supplémentaires, portant l’investissement total dans le projet à environ 2,6 milliards d’euros. Le gouvernement français prévoit de financer des projets français à hauteur de 300 millions d’euros dans le cadre du PIA 4 et du plan France Relance.