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Au cours des turbulences liées à l’affaire de pédophilie Playpen, un juge américain a déclaré que le FBI n’avait pas besoin de mandat pour obtenir s’introduire et fouiller un ordinateur à distance. Dérive ?

Alors que l’affaire Playpen a beaucoup fait parler, cela ne semble pas près de s’arrêter ! Cette fois, c’est un juge qui relance le débat houleux en affirmant que le FBI a tous les droits et que cela ne viole pas le quatrième amendement de la Constitution américaine ! Douteux… surtout lorsque l’on sait que le FBI a eu recours à un malware pour infecter tout un réseau de personnes soupçonnées de pédophilie en ligne.

Un procès critique

Des failles Tor Browser auraient été exploitées et un malware spécifique utilisé mais personne n’a encore pu savoir de quoi il retourne exactement, les autorités se refusant à donner le moindre détail. Le juge Henry Coke Morgan a tranché en déclarant :

« Le tribunal estime qu’aucune violation du quatrième amendement n’est survenue puisque le gouvernement n’a pas besoin de mandat pour capturer l’adresse IP de l’accusé ».

Pourtant, cet amendement de la Constitution américaine garantit à tout citoyen de ne pas subir de perquisitions ou saisie non motivée et oblige les forces de l’ordre à demander un mandat pour ce type d’opération. Mais c’est sans compter que l’adresse IP est considérée comme un données publique, ce qui change la donne pour le juge. Par contre, le flou persiste concernant les identifiants de connexion récupérés par le FBI au cours de l’opération NIT (Network Nnvestigative Nechnique). Données publiques aussi ?

Pour le juge, le fait même d’utiliser un ordinateur connecté à Internet signifie que toute nos données sont publiques ! 

« Il ne me semble pas raisonnable de penser qu’un ordinateur connecté au web soit immunisé contre une intrusion. Bien entendu, le contraire est également vrai : dans le monde numérique d’aujourd’hui, il apparaît comme virtuellement certain que les ordinateurs accédant à Internet peuvent être – et sans doute seront – piratés ».

Décision liberticide pour l’EFF

Cette décision n’a pas tardé à faire réagir plusieurs associations de défense des libertés civiles et de la vie privée, dont l’EFF, qui a immédiatement pointé du doigt le danger inhérent d’une telle démarche : si un accusé ne peut avoir « d’attente raisonnable de respect de sa vie privée », comment le quatrième amendement pourrait-il remplir son rôle sur les ordinateurs ?

L’association rappelle également les risques multiples qu’a fait peser le FBI avec les démarches successives de son opération contre Playpen. Le fait d’avoir saisi le serveur initial pour le maintenir sous couvert d’un service authentique, de l’avoir piégé avec un malware pour que des milliers de participants soient contaminés, dans le seul but de recueilli des identifiants.

Bitdefender

L’EFF estime donc non seulement que cette décision est une mauvaise nouvelle pour la vie privée, mais également dangereuse pour la suite si elle est maintenue :

« Les forces de l’ordre seraient libres de chercher à distance et de saisir des informations dans votre ordinateur sans mandant, sans cause probable, ou même sans la moindre suspicion ».

Pour l’EFF, les tribunaux sont aujourd’hui totalement dépassés face aux technologies complexes actuelles.

 

Source : NextInpact

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