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Après le démantèlement de Silk Road, surnommé à juste titre « l’Ebay de la drogue », un nouveau site est rapidement apparu, un mois après la fermeture par les autorités américaines. Mais ce Silk Road 2.0 serait soupçonné d’être infiltré par le FBI…

L’arrestation spectaculaire le 1er octobre dernier à San Francisco par le FBI de Ross Ulbricht, fondateur présumé de Silk Road, le plus vaste marché noir de la drogue en ligne, est le fruit d’une longue enquête protéiforme ouverte à la mi-2011. Suite à une dénonciation anonyme six mois à peine après l’ouverture de la plateforme, une cellule baptisée “Marco Polo” est formée à Baltimore, regroupant, entre autres,  les forces du FBI, de la DEA, du département de la Sécurité intérieure et de l’IRS (le fisc américain).

Le journaliste Kim Zetter a publié un article dans Wired le 18 novembre qui détaille les deux années de cette traque hallucinante, sources proches de l’enquête et pièces du dossier à l’appui. Dès lors, il n’est pas étonnant que le lancement de la nouvelle mouture de Silk Road, un mois seulement après la chute son administrateur présumé, soit accueilli avec circonspection.

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Silk Road 2.0 est lancé sur le même modèle que son prédécesseur, accessible via TOR (le réseau décentralisé de routeurs qui permet à son utilisateur de dissimuler son identité en ligne), avec le Bitcoin comme monnaie d’échange. La nouvelle version est en plus un peu plus protectrices de données de ses utilisateurs, puisqu’elle utilise désormais les clefs « PGP » pour « Pretty Good Privacy » afin de chiffrer les données qui transitent sur la route de la soie. Des stupéfiants sont d’ores-et-déjà disponibles à la vente et la copie conforme du site a déjà atteinte les 12 000 membres actifs.

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La journaliste et écrivaine Eileen Ormsby est la première à donner l’URL du nouveau Silk Road sur son blog AllThingsVice, et pose la question suivante :

« Mais est-ce le vrai Phoenix de Silk Road, un honeypot ou un attrape-nigaud ingénieux ? »

Peu de temps après, Andy Greenberg de Forbes reprend l’information avec la même prudence, citant les propos d’un utilisateur :

« Pour ma part, je ne fais pas confiance à ce nouveau (Silk Road). J’ai un mauvais pressentiment, pour l’instant je me tiens à l’écart. »  Selon l’avocat spécialisé en droit de l’informatique, Etienne Drouard, « aux Etats-Unis, avec le Patriot Act, les administrations en charge de la sécurité nationale ont le droit de mettre en place des pots de miel, de créer de faux services pour attirer des gens. Légalement, c’est possible. »

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Pour Daniel Martin, qui a fondé le service d’information de la DST (Ex-DCRI), même si cela peut paraître gros, un tel scénario n’est pas dénué de fondements : « C’est tout à fait dans leur mentalité. Ils recrutent régulièrement des hackers au DEFCON. »

Pour Adam (son nom a été modifié à sa demande), chercheur en sécurité informatique basé à San Francisco, la réalité est un plus nuancée :“Techniquement, développer une plateforme telle que Silk Road est très simple et la nouvelle version de la boutique en ligne ne fournit pour l’instant que le minimum nécessaire pour maintenir l’écosystème.” En revanche, pour la faire tourner, l’administrateur a besoin d’une équipe, pour modérer les discussions, traiter les contentieux, surveiller les vendeurs voire en “recruter” de nouveaux. Bref, pour assurer la pérennité du système.

Adam ajoute : « Une partie de cette équipe a changé, suscitant des inquiétudes. Si des membres du FBI sont infiltrés, alors ils peuvent nouer des relations privilégiées avec les vendeurs. Certains anciens clients sont désormais méfiants et n’achètent qu’en petite quantité pour tester le système. Ils utilisent de façon quasi-systématique l’outil de chiffrement PGP, qui assure qu’un intermédiaire ne peut consulter les messages échangés, même si les communications sont interceptées. »

Ce spécialiste de la sécurité informatique indique rappelle que ce réseau « ne garantit pas le total anonymat des utilisateurs et des opérateurs de site. Les exit nodes, dont il ne fait aucun doute que bon nombre d’entre elles sont opérées par le FBI, sont en effet le maillon faible du système. » Malgré cela, les affaires semblent reprendre leur cours habituel sur Silk Road 2, témoigne-t-il: « La saisie de Silk Road 1 est globalement perçue comme une simple interruption, et la rapide mise en place d’un nouveau site de vente est décrite comme la preuve que cette communauté est forte et ‘intouchable’. Les vendeurs sont les mêmes, et les services toujours aussi illicites. »

Les utilisateurs semblent être restés fidèles au site malgré son interruption, et la nouvelle vitrine clandestine commence à mettre en confiance la majorité des utilisateurs, mais, conclut Adam, « plus un appât est gros, plus il attire de gros poissons« .

 

Source : Les Inrocks

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Vos réactions
  1. Sky

    Et carton rouge à undernews pour reprendre une news déjà périmée.

    Donc en fait c’était une arnaque visant à dérober un max de bitcoin.

    L’admin ou le FBI s’est barré avec tout le fric, GG dude 😀

  2. Sky

    [Nelson]
    Hahahaha
    [/Nelson]

    Il a pas fallu attendre bien longtemps avant d’avoir la réponse. Du bon scam à l’ancienne 😀

Ils parlent du sujet :

  1. Silk Road 2.0 : Le clone de « l&rsqu...

    […] Après le démantèlement de Silk Road, surnommé à juste titre "l'Ebay de la drogue", un nouveau site est rapidement apparu, un mois après la fermeture par les autorités américaines. Mais ce Silk Road 2.0 serait soupçonné d'être infiltré par le FBI…  […]





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