Mettant en lumière les risques croissants que l’IA fait peser sur la sécurité, Akamai (Nasdaq : AKAM) a publié aujourd’hui son dernier rapport State of the Internet (SOTI), intitulé « AI-Driven Digital Deception: The Fraud and Abuse Report 2026 ». Ce rapport montre une forte évolution de l’écosystème des menaces numériques. Les acteurs malveillants exploitent désormais l’IA et les infrastructures automatisées pour contourner les périmètres de sécurité traditionnels, tirer parti de l’ensemble du cycle de vie des comptes et abuser de la confiance accordée aux marques.
- Au premier trimestre 2026, le volume des arnaques en ligne a presque doublé, dépassant pour la première fois celui des attaques par hameçonnage (phishing) traditionnelles.
- La majorité des domaines malveillants qui ont ciblé les réseaux d’entreprises au cours de la période considérée imitaient des marques issues des secteurs de la technologie, des services financiers et du commerce.
- La durée de vie des attaques par phishing est passée de 48 jours au quatrième trimestre 2025 à 22 jours au deuxième trimestre 2026.
- Au niveau EMEA, près d’une tentative de connexion sur quatre a été signalée comme présentant un risque élevé et les logiciels malveillants et les menaces persistantes avancées (APT) représentaient plus de 60 % du trafic d’attaques dans la région.
Tribune – Selon cette étude, les arnaques en ligne, qui vont des faux sites de vente et des pièges de recrutement sur les réseaux sociaux aux portails d’événements frauduleux, ont dépassé le phishing traditionnel pour la première fois au premier trimestre 2026, avec un nombre de détections ayant presque doublé, passant d’environ 3,2 millions à environ 6,4 millions. Dans le même temps, la durée de vie opérationnelle des attaques par phishing a chuté de plus de 50 %, passant de 48 jours au quatrième trimestre 2025 à seulement 22 jours au deuxième trimestre 2026. Les défenseurs des entreprises sont ainsi contraints de faire face à des réseaux de cybercriminels en constante évolution.
« La lutte contre la fraude n’est plus une simple fonction financière isolée mais un impératif transversal en matière de cybersécurité », a déclaré Patrick Sullivan, Chief Technology Officer, Security Strategy chez Akamai. « Les agents IA autonomes et les identités synthétiques transforment la manière dont les clients interagissent avec les marques. En parallèle, les acteurs malveillants exploitent ces mêmes vecteurs pour commettre des abus de logique métier et des exfiltrations de données sans interaction. »
Principales conclusions du rapport State of the Internet en Europe :
- Près d’une tentative de connexion sur quatre a été signalée comme présentant un risque élevé, ce qui témoigne d’une menace régionale persistante liée aux attaques par force brute, au « credential stuffing » et au détournement de comptes.
- Les logiciels malveillants et les menaces persistantes avancées (APT) représentent plus de 60 % du trafic d’attaques dans la région : les logiciels malveillants représentaient 44 % du volume total des attaques, contre 16,7 % pour les APT, 13% pour les chevaux de Troie, 9,8% pour les ransomwares, 6,1% pour le phishing et 5,2% pour les botnets.
- Les secteurs de l’automobile et du commerce de détail ciblés par le phishing : lors d’une campagne d’usurpation d’identité visant plusieurs marques de services financiers, les acteurs malveillants de la région EMEA ont spécifiquement concentré leurs tentatives d’attaque sur les secteurs de l’automobile et du commerce de détail.
Principales conclusions du rapport au niveau mondial :
- Davantage d’arnaques que de phishing: motivées par des gains financiers plus élevés, les arnaques en ligne ont presque doublé, surpassant ainsi les attaques par phishing traditionnelles visant à collecter des identifiants. Près de 70 % des attaques par phishing imitaient des marques issues des secteurs de la technologie (41,6 %), des services financiers (18,9 %) et du commerce (8,4 %).
- Réduction de la durée des attaques : la durée moyenne d’une attaque par phishing a chuté de plus de 50 % entre le quatrième trimestre 2025 et le deuxième trimestre 2026, passant à 22 jours. Les attaquants recourent de plus en plus à des kits d’outils de phishing en tant que service (PhaaS), à l’enregistrement massif de domaines et à des infrastructures à rotation rapide pour contourner les listes de blocage statiques.
- Abus du cycle de vie d’un compte : les tentatives de connexion à haut risque et à risque critique représentaient 26,6 % de l’ensemble des tentatives de connexion enregistrées. Les demandes de vérification de compte représentaient notamment 40 % du trafic de connexion à haut risque ou à risque critique. Ceci indique que les attaquants valident systématiquement les adresses e-mail avant de lancer des attaques de type « credential stuffing » à grande échelle.
- Zoom sur les industries et les régions : le secteur du commerce est celui qui a enregistré le plus grand nombre de tentatives de connexion (41,1 %), ce qui en fait une cible privilégiée pour la validation des identifiants, le piratage de comptes et l’utilisation frauduleuse des points de fidélité. Au niveau régional, l’Asie-Pacifique (APAC) et l’Amérique latine (LATAM) ont enregistré les proportions les plus élevées de tentatives de connexion à haut risque ou à risque critique, avec respectivement 36,4 % et 37,8 %.
Le rapport comprend une analyse approfondie dela sécurité liée aux ransomwares, réalisée par Ofer Wolf, Senior Vice Presidentand General Manager of Enterprise Security chez Akamai. Il explique : « Les ransomwares ne sont plus de simples malwares : ils constituent désormais un modèle opérationnel criminel à part entière, axé sur l’extorsion. Pour contrer ces opérations industrialisées, les RSSI doivent agir en amont : limiter l’accès grâce à une approche Zero Trust, mettre en place une micro-segmentation pour bloquer les mouvements latéraux et détecter les infrastructures C2 persistantes avant qu’elles ne soient exploitées. »
Stratégies d’atténuation recommandées
Pour se protéger contre la fraude digitale alimentée par l’IA, Akamai recommande aux responsables de la sécurité de renforcer leurs défenses contre les bots. Le rapport propose des stratégies telles que la mise en place d’une inspection comportementale basée sur les intentions à chaque étape du cycle de vie d’un compte, afin de bloquer les attaques de type credential stuffing faibles et lentes, ainsi que les tentatives de fraude par carte de crédit. Il recommande également de mettre en œuvre la microsegmentation dans le cadre d’une stratégie globale de lutte contre les ransomwares.
Depuis douze ans, les rapports State of the Internet d’Akamai continuent de fournir des analyses essentielles sur les tendances en cybersécurité et les performances Web, à partir des attaques observées sur l’infrastructure de cybersécurité d’Akamai, qui traite une part significative du trafic Web mondial.
Le rapport est disponible en intégralité sur le site d’Akamai, via ce lien.


