L’utilisation d’applications d’espionnage et de harcèlement en ligne a augmenté de 51 % pendant le confinement

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Alors que les cas de violence domestique ont progressé pendant la période de confinement, le Threat Labs d’Avast constate que les menaces numériques pesant sur la vie privée et la sécurité des personnes ont également pris de l’ampleur depuis la mise en place des mesures.

Tribune Avast – Avast , spécialiste des produits de sécurité et de la confidentialité en ligne, a constaté une hausse de 51 % de l’utilisation des logiciels espions (spywares) et de harcèlement (stalkerwares) entre mars et juin 2020, par rapport à janvier et février 2020. Depuis mars, Avast a protégé plus de 1 648 utilisateurs français contre des applications capables de les espionner, principalement des stalkerwares. Cela représente une augmentation de 46 % en moyenne par mois par rapport aux deux premiers mois de l’année. Un stalkerware est un logiciel malveillant qui permet de localiser une personne, d’accéder à ses photos et vidéos personnelles, d’intercepter des e-mails ainsi que des messages et des conversations sur des applications telles que WhatsApp et Messenger, ainsi que d’écouter des appels téléphoniques et d’enregistrer des conversations sur Internet à l’insu de la cible. 

Cette menace numérique en pleine expansion, identifiée par Avast, a pour toile de fond une augmentation des violences domestiques pendant le confinement, appelée « épidémie fantôme » du coronavirus par Phumzile Mlambo-Ngcuka, Directrice exécutive d’ONU Femmes.

Au cours de cette période, le 3919, le numéro de téléphone d’urgence destiné aux femmes victimes de violence domestique en France, a été composé à 9 906 reprises en avril 2020 (contre 5 098 fois le même mois en 2019). En outre, les appels de proches et de voisins adressés à la police pour signaler une situation de violence domestique (en proportion de tous les appels à ce sujet) ont augmenté entre février (23 %) et avril 2020 (31 %).

La multiplication des appareils connectés et l’existence d’applications discrètes d’espionnage et de harcèlement sont un autre moyen pour les agresseurs d’exercer un contrôle sur leurs victimes, lesquelles sont incapables de quitter leur domicile en raison des mesures de lutte contre le coronavirus.

« Le stalkerware désigne une catégorie émergente de logiciels malveillants domestiques dont les implications sont inquiétantes et dangereuses, explique Jaya Baloo, CISO d’Avast. Alors que les spywares et les infostealers ont pour objectif de voler des données personnelles, les stalkerwares sont différents : ils privent la victime de sa liberté physique et virtuelle. Habituellement installés secrètement sur les téléphones portables par de soi-disant amis, des conjoints jaloux, des ex-partenaires, et même des parents inquiets, les stalkerwares traquent la localisation physique de la victime, surveillent les sites visités sur Internet, les SMS et les appels téléphoniques, portant ainsi atteinte à la liberté individuelle et à la liberté en ligne d’une personne.

Dans le monde entier, le nombre de cas de violence domestique n’a cessé d’augmenter au cours de la période de confinement, un phénomène qui correspond à ce que nous observons avec cette menace numérique. Nous sommes déterminés à faire tout notre possible pour protéger nos utilisateurs contre cette menace grandissante. »

Il convient de noter que parmi le large éventail de spywares et de stalkerwares disponibles, Avast a également relevé un certain nombre d’applications liées au COVID-19, conçues pour espionner les utilisateurs. Ces applications collectent plus d’informations sur les utilisateurs que ce dont elles ont besoin pour garantir leur fonctionnement.

Cette recrudescence des spywares et des stalkerwares depuis mars 2020 n’est pas circonscrite à la France ; Avast a ainsi protégé plus de 43 000 utilisateurs contre ces logiciels malveillants dans le monde entier. Les données propres à chaque pays révèlent que 3 531 utilisateurs ont été ciblés aux États-Unis, 1 094 au Royaume-Uni et 3 048 au Brésil.

Afin de contrer la menace posée par les stalkerwares, l’équipe d’Avast propose des mesures simples et efficaces :

Règle nº 1 : sécurisez votre téléphone contre tout accès physique non autorisé.

Les utilisateurs négligent souvent la protection leurs smartphones. Selon Pew Research, plus d’un quart des utilisateurs de téléphones portables ne disposent d’aucune protection pour verrouiller l’écran de leur smartphone, et un peu plus de la moitié n’utilisent ni empreinte digitale ni code PIN pour maintenir leur appareil en mode privé. Il est donc facile pour un partenaire méfiant d’installer secrètement des stalkerwares en toute discrétion. De même, ne prêtez votre téléphone déverrouillé à personne, sauf si vous lui faites entièrement confiance. L’installation d’un stalkerware sur un appareil peut prendre moins d’une minute.

Règle nº 2 : installez un antivirus classique de qualité sur votre téléphone portable.

Un antivirus mobile de qualité traitera le stalkerware comme un programme potentiellement indésirable (PPI) et vous donnera la possibilité de le supprimer. Un produit de sécurité mobile tel qu’Avast Mobile Security protégera votre appareil mobile contre les stalkerwares, mais également contre d’autres logiciels malveillants et applications potentiellement malveillantes. L’année dernière, Avast a collaboré avec Google pour retirer du Play Store huit des principales applications de harcèlement. Nous poursuivons ce travail au fur et à mesure du développement de nouveaux stalkerwares, ce qui permet aux utilisateurs et à leurs appareils de toujours avoir une longueur d’avance sur les menaces.

Règle nº 3 : n’hésitez pas à solliciter de l’aide en utilisant en canal sûr.

Cependant, si vous vous trouvez déjà dans une relation abusive – ou si vous craignez que cela ne se produise – vous devez prendre conscience du fait que vous êtes davantage exposée aux risques posés par les stalkerwares. Une visite anodine à un(e) ami(e) ou à un proche pourrait être détectée et servir de déclencheur à des violences physiques. Le fait même de supprimer le stalkerware pourrait éveiller des soupçons chez le partenaire. Si vous êtes dans cette situation, vous devez obtenir rapidement de l’aide et un soutien – et vous ne devez pas hésiter à les solliciter.

Vous pouvez notamment contacter Elle’s imagine’nt, une association parisienne, adhérente de la Fédération Nationale Solidarité Femme (FNSF). Depuis dix ans, elle œuvre auprès de femmes victimes de violences conjugales, ainsi que leurs enfants, en leur offrant un soutien psychologique et juridique afin de comprendre et déconstruire la violence subie, et en les accompagnant dans la séparation et les poursuites pénales le cas échéant.

« Notre association s’occupe également de soutenir les femmes et les enfants face au cyberharcèlement, confie Sonia Pino, cofondatrice et psychologue de Elle’s imagine’nt. En effet, même après la séparation, la violence psychologique perdure bien souvent au travers de la surveillance exercée, ainsi que des messages et appels reçus, via les réseaux sociaux et les téléphones portables des femmes et des enfants. Il y a encore quelques années, seuls les hommes avec des connaissances poussées en informatique pratiquaient le cyberharcèlement. Or, cela n’est plus le cas aujourd’hui ; nous conseillons ainsi à toutes les femmes que nous rencontrons de changer de téléphone tant cette pratique, qui étend l’emprise sur la victime au quotidien, est désormais répandue.

Si vous pensez que votre appareil a été compromis par un stalkerware, évitez de l’utiliser pour contacter l’association. Si vous en avez la possibilité, utilisez un appareil anonyme tel qu’un ordinateur de bibliothèque ou le téléphone d’un ami afin d’éviter d’alerter le harceleur.

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