Alors que les cybercriminels exploitent désormais des outils déjà présents sur les machines, les approches de sécurité traditionnelles montrent leurs limites. Dans ce contexte, l’adoption d’une stratégie Zero Trust s’impose pour sécuriser chaque accès et renforcer la résilience des organisations face à des menaces toujours plus sophistiquées.
Tribune Akamai – À l’ère où les cybercriminels innovent sans relâche, la frontière entre sécurité et vulnérabilité devient de plus en plus fragile. Si les bots traditionnels ont toujours alimenté les moteurs de recherche et divers outils numériques, le paysage comprenait déjà bots légitimes, malveillants ou dans une zone grise. Avec l’IA, les bots malveillants imitent mieux le comportement humain, rendant leur détection beaucoup plus difficile et changeant la donne. Ils ne se contentent plus de collecter des données : les cybercriminels les exploitent pour lancer des attaques d’usurpation d’identité, diffuser des campagnes de phishing ou commettre des fraudes documentaires à l’aide de faux générés par IA. Selon le dernier rapport d’Akamai, les bots associés à des services IA connus ont augmenté de 300 % en un an et génèrent désormais des milliards de requêtes sur la plateforme. Cela représente un défi inédit qui peut mettre en péril les modèles économiques basés sur le Web. A cela il faut ajouter une grande masse de bots malveillants qui exploitent les technologies de l’IA pour se cacher et mener des activités néfastes
Mais la menace ne s’arrête pas là. Les cybercriminels délaissent de plus en plus les malwares traditionnels pour des méthodes plus insidieuses : ils détournent désormais les outils et applications déjà présents sur les systèmes ciblés pour mener leurs attaques en toute discrétion. En exploitant des programmes natifs tels que PowerShell, Windows Management Instrumentation ou d’autres utilitaires intégrés, ils parviennent à agir sans être détectés par les antivirus classiques. Ces attaques, qui ne nécessitent pas l’introduction d’un fichier malveillant, rendent les solutions de sécurité traditionnelles moins efficaces, car elles manipulent les ressources familières du système pour opérer silencieusement
Face à cette évolution, les solutions de défense traditionnelles montrent leurs limites, d’où la nécessité d’adopter une stratégie Zero Trust, fondée sur la vérification constante et la surveillance accrue de tous les usages, même des outils considérés comme « sûrs ». La résilience et la réactivité deviennent les maîtres mots de la cybersécurité moderne. Comme le souligne Fabio Costa, Ingénieur en cybersécurité chez Akamai :
« L’approche Zero Trust n’est plus une option, mais une nécessité face à des adversaires capables de détourner ce qui nous semble familier. Il ne s’agit plus de se demander où placer sa confiance, mais d’appliquer une vérification continue et rigoureuse de chaque action, chaque connexion, chaque utilisateur. »
Adopter une stratégie Zero Trust, c’est accepter que la menace puisse venir de partout, même de l’intérieur, et que seule une surveillance continue et intelligente peut garantir un niveau de protection adapté à la sophistication croissante des attaques.





