L’équipe de recherche sur les menaces Infoblox Threat Intel est parvenue à relier une vague mondiale de fraude bancaire mobile à des centres d’arnaque en Asie.
En contournant la reconnaissance biométrique et les protections par SMS, un cheval de Troie bancaire Android, lié à des centres d’arnaque utilisant le travail forcé au Cambodge, usurpe l’identité de banques et d’administrations dans au moins 21 pays. Tribune.
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La menace : il s’agit d’un cheval de Troie bancaire sophistiqué pour Android, qui se fait passer pour des applications officielles (banques, administrations fiscales, services de police) afin de tromper les utilisateurs et de les inciter à l’installer.
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Le fonctionnement : une fois l’application malveillante installée, les pirates prennent le contrôle de l’appareil. Ils peuvent alors intercepter les données de reconnaissance faciale, lire les codes de sécurité reçus par SMS, et se connecter secrètement aux véritables applications bancaires pour effectuer des virements. Le cheval de Troie peut capter les données de reconnaissance faciale lors de vérifications KYC (Know Your Customer) contrefaites, intercepter les codes à usage unique envoyés par SMS et se connecter silencieusement aux applications bancaires mobiles pour transférer des fonds à l’étranger.
Les mécanismes biométriques et les mots de passe à usage unique, conçus comme des protections, deviennent ainsi des vecteurs de fraude pour la prise de contrôle des comptes.
L’équipe Infoblox a mis au jour cette opération à la suite d’un pic de trafic DNS anormal sur les réseaux de ses clients, qui a conduit à la découverte d’une plateforme de distribution de logiciels malveillants en tant que service jusqu’alors non documentée.
Rattacher un logiciel malveillant précis aux tristement célèbres centres d’arnaque s’avérait jusqu’ici difficile. Des travaux menés conjointement par Infoblox Threat Intel et une association vietnamienne à but non lucratif Chong Lua Dao ont permis d’identifier ce cheval de Troie bancaire Android dont l’opération semble reposer sur plusieurs sites, incluant le complexe K99 Triumph City au Cambodge, déjà signalé par l’ONU et d’autres instances pour les escroqueries à grande échelle et le travail forcé qui s’y pratiquent.






