Les salariés français éprouvent une pression croissante dans leur vie professionnelle quotidienne : selon une récente étude menée par Atlassian*, plus de la moitié (61%) se sentent au moins occasionnellement submergés par les notifications ou la nécessité de devoir répondre immédiatement. Ils sont 43% des sondés à passer deux heures ou plus par jour à répondre à des e-mails ou à des messages instantanés. Par ailleurs, ils sont souvent submergés par les réunions, ce qui les prive de temps pour se concentrer sur leur travail, un fardeau régulièrement évoqué. Dans une autre étude Atlassian réalisée en 2024, 78% des personnes interrogées déclaraient qu’elles pouvaient difficilement accomplir leurs tâches principales si elles assistaient à toutes les réunions prévues. Tribune.
- Près de la moitié des salariés français ressentent la disponibilité permanente et la communication en temps réel comme stressantes
- La collaboration asynchrone peut faire gagner près d’une heure supplémentaire par semaine
- Ceux qui travaillent de manière asynchrone se sentent en moyenne plus productifs, plus satisfaits et moins stressés
Et cela se produit alors même que les modèles traditionnels de travail tendent à disparaître dans les entreprises françaises : les horaires flexibles gagnent de plus en plus de terrain et s’imposent progressivement comme la norme. Selon l’étude d’Atlassian, plus de la moitié (52%) des salariés français bénéficient désormais d’une certaine liberté dans l’organisation de leur temps de travail. Mais, cette nouvelle forme de flexibilité ne signifie pas automatiquement moins de stress. Dans la pratique, le quotidien professionnel dans de nombreuses entreprises est encore conçu de telle manière que les employés doivent être disponibles à tout moment, que ce soit pour des réunions de dernière minute ou pour répondre à des messages instantanés et à des e-mails.
C’est précisément là qu’intervient le modèle de travail asynchrone. Son objectif est de réduire les interruptions engendrées par une communication constante en temps réel et dégager davantage d’espace pour le travail nécessitant de la concentration. Selon l’étude d’Atlassian, les collaborateurs qui travaillent déjà de manière asynchrone gagnent en moyenne plus d’une heure supplémentaire (environ 82 minutes) par semaine, pendant lesquelles ils peuvent travailler de manière concentrée.
En quoi consiste le travail asynchrone ?
Dans le cadre du travail asynchrone, la collaboration au sein d’une équipe intervient à différents moments, sans que tous les membres aient besoin d’être connectés en même temps. Chacun contribue lorsque cela correspond à son propre rythme de travail. Cela peut se faire par le biais de vidéos enregistrées, de commentaires dans des documents ou d’outils de gestion de projet, plutôt que par des réunions ou des discussions en direct. Selon l’étude, les méthodes les plus couramment utilisées en France sont les réponses écrites via les commentaires (46%), le partage de commentaires via des messages instantanés programmés (30%) et l’utilisation de messages vocaux ou de vidéos enregistrées à la place des réunions en direct (27%).
Réticences et opportunités : un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie privée
Tous les salariés interrogés ne sont pas ouverts aux méthodes asynchrones : 26% craignent que l’absence de retour immédiat pourrait ralentir les processus, 22% s’inquiètent également que les décisions puissent être retardées ou les processus ralentis. Enfin 21% pensent que leurs supérieurs hiérarchiques considèrent cette façon de travailler comme une disponibilité réduite.
Néanmoins, les expériences de ceux qui travaillent déjà de manière asynchrone dressent un tableau positif : près des deux tiers (55%) constatent une productivité accrue et plus de la moitié (47%) ressentent moins de stress grâce au travail asynchrone. Enfin, la satisfaction professionnelle globale augmente également : 55% des personnes interrogées déclarent être plus heureuses dans leur travail grâce au travail asynchrone.
*Méthodologie
Atlassian s’est associé à Censuswide pour mener une enquête auprès de 4 000 employés de bureau, dont 1 000 en France, entre le 1er et le 4 juillet 2025, sur leurs expériences et leurs attitudes à l’égard des modèles de travail flexibles et asynchrones.





