Le Digital Commons EDIC (DC-EDIC) inaugure ses bureaux de 120 m² au Campus Cyber. Ce consortium, dont la France est l’État d’accueil, réunit cinq pays européens — la France, l’Allemagne, les Pays-Bas, l’Italie et le Luxembourg — ainsi que sept observateurs, afin de soutenir le développement et la maintenance d’outils numériques open source. Son installation rapproche cette coopération européenne des entreprises, des acteurs publics et des chercheurs spécialisés en cybersécurité, dont les expertises contribueront à garantir la fiabilité et la sécurité des composants logiciels open source dans leurs usages concrets.
Tribune – Art de Blaauw, président de l’Assemblée des membres du Digital Commons EDIC et directeur des systèmes d’information de l’administration publique centrale des Pays-Bas, a inauguré ces nouveaux bureaux aux côtés de Joffrey Célestin-Urbain, président du Campus Cyber, de Walter Arnaud, directeur français au sein de la Direction interministérielle du numérique, de Markus Richter, secrétaire d’État allemand au ministère fédéral de la Transformation numérique et de la Modernisation de l’administration, et de Gérard Soisson, coordinateur luxembourgeois pour la facturation électronique, le portail numérique unique européen et l’interopérabilité au ministère de la Digitalisation, ainsi que de représentants de la Commission européenne et des États membres.
Cette journée a également réuni, pour la première fois, l’ensemble de l’équipe fondatrice du Digital Commons EDIC.
Rapprocher les initiatives européennes des expertises en cybersécurité
Pour être fiables, les outils numériques partagés doivent bénéficier d’une maintenance continue, leurs vulnérabilités doivent être corrigées et leur sécurité suivie dans le temps.
Le Campus Cyber rassemble des entreprises, des acteurs publics et des chercheurs disposant d’expertises dans ces domaines. L’installation du Digital Commons EDIC ouvre de nouvelles perspectives d’échanges entre ses partenaires et la communauté du Campus Cyber, autour de la sécurité, de la résilience et des usages concrets des communs numériques.
Elle permet également aux membres et résidents du Campus Cyber de s’inscrire dans une dynamique de coopération entre pays européens.
Les deux organisations identifieront conjointement les domaines dans lesquels leurs communautés pourront coopérer, en commençant par leurs intérêts communs en matière de sécurité et de maintenance à long terme des communs numériques.
« L’Europe ne gagnera pas en autonomie numérique en multipliant les initiatives isolées. Elle doit être capable de faire vivre des solutions communes, de les sécuriser et de les rendre utilisables à grande échelle, pour réduire l’étau de nos dépendances technologiques. L’installation du Digital Commons EDIC au Campus Cyber, dont nous nous réjouissons, rapproche les États qui portent cette ambition des acteurs publics et privés qui peuvent contribuer à sa mise en œuvre. C’est à cette rencontre que nous voulons donner toute sa portée, en continuant à décloisonner des écosystèmes, selon l’ADN du Campus. »
Joffrey Célestin-Urbain, président du Campus Cyber :
« L’ouverture des bureaux du Digital Commons EDIC à Paris marque une étape importante dans nos efforts pour renforcer l’autonomie numérique. Nous remercions la France, notre État d’accueil, ainsi que le Campus Cyber pour l’accueil chaleureux réservé à notre équipe. C’est depuis ces bureaux que nous unirons nos forces pour déployer à plus grande échelle des alternatives open source et veiller à ce que les gouvernements européens disposent des outils nécessaires pour agir en toute autonomie. »
Art de Blaauw, directeur des systèmes d’information de l’administration publique centrale des Pays-Bas et président de l’Assemblée des membres du DigitalCommons EDIC.
Des ressources numériques partagées pour renforcer l’autonomie européenne
Les « communs numériques » sont des ressources numériques partagées, telles que des logiciels ou des données, qui sont maintenues collectivement plutôt que détenues par une seule entreprise ou un seul gouvernement.
Une communauté organise leur développement dans la durée, définit les règles de leur utilisation et veille à ce qu’elles restent accessibles à tous ceux qui en dépendent. Cette gouvernance partagée permet aux utilisateurs de conserver une réelle maîtrise de leurs outils et de réduire leur dépendance à un fournisseur unique.
Le DC-EDIC aide les pays participants à mutualiser leurs ressources, à mobiliser des financements et à coordonner leurs travaux autour de ressources numériques partagées, allant des logiciels et des données aux infrastructures critiques.
L’un de ses premiers axes de travail consiste à rapprocher des suites bureautiques numériques ouvertes développées dans différents pays, afin de favoriser leur interopérabilité au-delà des frontières.
Une autre initiative du Digital Commons EDIC sera le Fonds européen pour les technologies souveraines (EU Sovereign Tech Fund), piloté par l’agence allemande Sovereign Tech Agency. Ce projet pilote vise à mettre en place une approche européenne coordonnée pour assurer la maintenance des composants open source critiques.
Ces composants sont à la base de nombreux services numériques, ce qui rend leur maintenance à long terme essentielle à la fois pour la sécurité et la continuité de ces services.
À propos du Digital Commons EDIC
Créé par décision de la Commission européenne du 29 octobre 2025, le Digital Commons EDIC est un consortium européen pour une infrastructure numérique consacré aux communs numériques. Il coordonne les efforts et les moyens des Étatsparticipants pour soutenir leur développement, leur maintenance et leur utilisation à grande échelle. Il travaille avec les administrations publiques, les entreprises et les communautés de logiciels libres pour renforcer l’autonomie numérique européenne.
À propos du Campus Cyber
Le Campus Cyber est un catalyseur de coopération et d’innovation au service de la cybersécurité française et européenne. Il réunit à La Défense un écosystème unique de près de 250 entreprises, institutions, startups, chercheurs, établissements d’enseignement et associations pour renforcer la confiance et la souveraineté numérique. Il favorise les projets communs et mène des travaux sur des enjeux tels que l’intelligence artificielle, la cryptographie post-quantique et la lutte contre les manipulations de l’information. Connecté à huit Campus Cyber territoriaux et à un réseau naissant de clusters européens en cyber, il contribue au rayonnement de son écosystème en France et à l’international.


