Les chercheurs en sécurité de JFrog ont découvert cinq CVE dans Reachy Mini, un robot de bureau open source à 499 $ conçu par Pollen Robotics et Hugging Face. Une seule requête HTTP non authentifiée suffit à faire exécuter le code d’un attaquant au robot, qui obtient alors un accès root ainsi que le contrôle de la caméra, du micro et des moteurs. Il suffit de visiter une page web malveillante pour déclencher l’attaque.
Tribune – Les risques dépassent le simple détournement d’un gadget. Un robot compromis permet à un attaquant de voir les claviers physiques et les notes posées sur les bureaux, tout en écoutant et en observant la pièce, et de s’établir ainsi un point d’appui dans un réseau domestique ou professionnel. Il peut également effacer les réseaux Wi-Fi enregistrés et reconnecter l’appareil à son propre point d’accès, ce qui masque le trafic ultérieur et complique la détection. Avec des robots plus performants, l’équipe de recherche avertit que ces failles pourraient à terme causer des dommages physiques.
Natan Nehorai, chercheur en sécurité applicative chez JFrog :
« Les vulnérabilités ne sont plus invisibles : les attaquants peuvent désormais accéder au monde réel via des produits d’IA physique, et nous intégrons de plus en plus de ces robots dans tous les secteurs. Reachy Mini écoute sur l’ensemble du réseau, ne demande aucun identifiant et accepte les requêtes de n’importe quel site web. Autrement dit, une simple requête HTTP, ou la visite d’une page web malveillante depuis un appareil connecté au même réseau, suffit à exécuter du code sur le robot et à obtenir les droits root. Les yeux et les oreilles du robot appartiennent alors à l’attaquant. Il s’agit de failles courantes d’applications web, dont les correctifs sont bien connus, mais sur un robot, elles s’accompagnent d’une caméra, d’un micro et d’un corps mobile. Des entreprises déploient dès maintenant du matériel d’IA dans les foyers et les salles de classe, et elles devraient intégrer la sécurité dès la conception avant que la base installée ne s’élargisse davantage. Tant que les propriétaires n’ont pas installé la dernière version, toute personne connectée au même Wi-Fi peut accéder au robot. »
L’équipe de recherche a filmé l’attaque dans son intégralité, ce qui montre à quel point ces robots arrivent dans les foyers et les classes avec pour seule protection celle d’une application web mal configurée. L’éditeur a déjà publié un correctif : les propriétaires doivent passer sans attendre à la version 1.11.0.


