Le Parlement européen pour un chiffrement fort sans backdoor

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Voila qui peut étonner, au moment même où Emmanuel Macron et Theresa May s’allie pour des lois anti-chiffrement qui affaibliraient considérablement Internet. Une commission du Parlement européen plaide pour un chiffrement fort et sans backdoor !

Une guerre du chiffrement en approche ? On dirait bien ! Alors que Emmanuel Macron et Theresa May penchent sur un projet de loi franco-britannique destiné à combattre le terrorisme sur Internet, et comment mettre fin au chiffrement fort (et donc à la sécurité en ligne), voilà que des élus européens vont carrément à contre courant et plaident pour les nouvelles lignes du projet ePrivacy, qui fait part belle au chiffrement fort sans backdoor ni affaiblissement quelconque.

Comme le rapporte The Telegraph, les membres de la commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures du Parlement européen proposent une série d’amendements au futur règlement baptisé ePrivacy, qui doit remplacer la directive 2002/58/CE et dont l’entrée en application pourrait survenir en mai 2018, en même temps que le règlement européen sur la protection des données. Et tenez vous bien, le chiffrement y détient une place royale et les propositions de loi (qui pourraient être mises en application dès mai 2018) vont assez loin :

« Les fournisseurs d’un service de communication électronique doivent veiller à ce qu’il y ait une protection suffisante contre les accès non autorisés ou les modifications apportées aux données des communications électroniques, et que la confidentialité et la sécurité de la transmission soient également garanties par la nature des moyens de transmission utilisés ou par du chiffrement de bout en bout dernier cri ».

« De plus, ajoute le texte, lorsque le chiffrement des communications électroniques est employé, le déchiffrement, l’ingénierie inverse ou la surveillance de ces communications sont interdits. Les États membres n’imposent aucune obligation aux fournisseurs de services de communications électroniques qui entraîneraient un affaiblissement de la sécurité et du chiffrement de leurs réseaux et de leurs services ».

Interdiction donc d’introduire des portes dérobées dans les applications (affaiblissement de la méthode cryptographique) ni d’interdire le chiffrement. Cependant, tout comme le projet de loi franco-britannique, il ne s’agit là que de séances de travail d’examen des propositions. Il faudra donc attendre afin de voir si les dits amendements seront retenus ou non…

Notons au passage que le ministre de l’Intérieur allemand, Thomas de Maizière, défend actuellement un projet de loi autorisant le déchiffrement des contenus chiffrés.

Les conflits sur ce sujet épineux mais crucial au sein de l’Europe vont être nombreux, à n’en pas douter !

 

Source : Numerama

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